Des purificateurs d’air seront installés dans une école publique de Montréal à titre d’« expérimentation », mais le centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) dit qu’il n’a pas l’intention de procéder à l’achat massif de tels appareils. La Santé publique affirme pour sa part qu’elle ne recommande ni interdit l’installation de ces purificateurs dans les écoles.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

Le CSSDM dit avoir accepté « conditionnellement et sous forme de projet expérimental unique » le don de la Fondation Jasmin-Roy, qui souhaitait installer des purificateurs d’air à l’école primaire Saint-Émile à Montréal. Un projet qui sera le dernier du genre, à moins que Québec n’en décide autrement, et sous haute surveillance.

« L’équipe du Service des ressources matérielles sera donc en mesure d’ajouter à son évaluation globale les divers impacts des purificateurs d’air (ex. : mouvements d’air générés, niveau sonore, emplacement, etc.). L’expertise d’une firme d’hygiénistes externe s’ajoutera à celle du SRM dans ce projet », nous écrit le porte-parole du CSSDM, Alain Perron.

Certaines écoles privées ont déjà installé de tels purificateurs d’air dans leurs établissements pour minimiser les risques de propagation de la COVID-19, mais l’école primaire Saint-Émile semble être la première école publique francophone à en bénéficier. Au centre de services scolaire Marie-Victorin, par exemple, on dit attendre « les directives du ministère de l’Éducation » à ce sujet.

La Fondation Jasmin-Roy, qui a lancé la semaine dernière un appel aux dons pour équiper les écoles de purificateurs d’air, dit avoir jusqu’ici recueilli 50 000 $. Elle soutient que « les discussions avancent bien avec les centres de services afin de fournir les purificateurs d’air » et affirme avoir reçu plusieurs demandes de la part d’écoles.

Une efficacité non démontrée, dit la Santé publique

La question des purificateurs d’air a rebondi en commission parlementaire à Québec, où le directeur national de santé publique, DHoracio Arruda, répondait aux questions des élus mercredi. Questionné par le député solidaire Gabriel Nadeau-Dubois sur le sujet, il a passé la parole à son conseiller médical stratégique, le DRichard Massé.

« Dans les salles de classe, ça n’a pas été démontré que c’est efficace parce que c’est un grand local et il faut que ce soit très près des personnes. Les classes, c’est beaucoup trop grand pour qu’un appareil ou deux appareils puissent faire la différence. Et ça peut nuire aussi […] si c’est pas installé parfaitement, pas bien entretenu », a expliqué le DMassé.

Sur Twitter en soirée, le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge a indiqué qu’il n’a jamais interdit au réseau scolaire d’installer de tels purificateurs. « Laissons les experts trancher la question », a-t-il ajouté.