Le décret signé mardi par le président américain Donald Trump qui vise à donner la priorité aux livraisons de vaccins aux États-Unis avant l’exportation n’aura aucun impact sur la livraison des doses du vaccin produit par Pfizer et BioNTech prévue au Canada dès la semaine prochaine.

Joël-Denis Bellavance Joël-Denis Bellavance
La Presse

C’est du moins l’assurance qu’a donnée mardi le ministre des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, qui préside le comité du cabinet sur la COVID-19.

PHOTO ADRIAN WYLD, LA PRESSE CANADIENNE

Le ministre des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc

Selon M. LeBlanc, les sociétés Pfizer et BioNTech ont des usines de fabrication non seulement aux États-Unis, mais en Europe. Il appert d’ailleurs que les quelque 249 000 doses du vaccin que le Canada doit recevoir à compter de la semaine prochaine proviennent des installations en Europe.

« En ce qui a trait aux doses de Pfizer qui doivent arriver au cours des prochains jours, la semaine prochaine, on avait déjà prévu qu’il ne fallait pas être lié à un site en particulier d’un fabricant. Alors les contrats avec Pfizer, par exemple, ils ont des installations en Europe et aux États-Unis », a dit M. LeBlanc en conférence de presse mardi.

« Nous avons confiance que Pfizer et d’autres fabricants des vaccins qui ont des obligations contractuelles de livrer des doses au Canada seront en mesure de respecter leurs obligations », a-t-il aussi affirmé.

Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé lundi que le Canada obtiendra une première livraison de quelque 249 000 doses du vaccin produit par Pfizer et BioNTech à partir de la semaine prochaine, ouvrant ainsi immédiatement la voie à une campagne de vaccination auprès des personnes les plus à risque à l’échelle du pays.

Le vaccin en question doit être approuvé cette semaine par Santé Canada et par la Food and Drug Administration aux États-Unis. Les doses à venir seront distribuées aux provinces au prorata de leur population.

Au Québec, la vaccination contre la COVID-19 commencera dès le lundi 14 décembre. Les résidants de CHSLD de Montréal et de Québec seront les premières personnes à recevoir des doses, a précisé le ministre de la Santé du Québec, Christian Dubé. Il a indiqué que quatre boîtes du vaccin — ce qui représente 4000 doses — sont attendues la semaine prochaine.

En tout, le Canada a acheté 76 millions de doses du vaccin de Pfizer et BioNTech, tandis qu’il a conclu un contrat pour obtenir 40 millions de doses du vaccin de Moderna. Ce dernier vaccin pourrait aussi être homologué par Santé Canada d’ici la fin de décembre.

À Washington, le président Trump a décidé de signer le décret en disant craindre que le pays manque de doses après la phase initiale de vaccination.

Le décret fera en sorte « que le gouvernement américain donne la priorité à la vaccination des citoyens américains, avant d’envoyer les vaccins à d’autres pays », selon lui, alors que Pfizer/BioNTech, dont le vaccin pourrait être autorisé dans les tout prochains jours, n’a qu’un contrat portant sur 100 millions de doses avec les États-Unis.

Moderna, dont le vaccin pourrait être autorisé dès la fin de la semaine prochaine, a également promis 100 millions de doses. Chaque contrat inclut des options pour des doses supplémentaires, mais le délai à activer ces clauses pourrait décaler de plusieurs mois la livraison.

Il y a plus de 330 millions d’Américains, et le gouvernement affirme pouvoir tenir son objectif de leur offrir à tous un vaccin d’ici avril.

Les deux fabricants ont des usines aux États-Unis et en Europe, et des lois existent qui permettraient en théorie au gouvernement de préempter la production qui en sort, comme le Defense Production Act.

Le texte du décret que M. Trump a signé devant les caméras mardi, lors d’un « sommet vaccinal » à la Maison-Blanche, n’a pas été rendu public dans l’immédiat.

« Si nécessaire, nous invoquerons le Defense Production Act. Nous ne pensons pas que ce sera nécessaire », a ajouté le président.

Deux autres vaccins très avancés dans les essais cliniques pourraient en effet être autorisés au début de l’année et garantir l’approvisionnement américain : celui en deux doses d’AstraZeneca/Oxford (dont Washington a commandé 500 millions de doses), et celui en une seule dose de l’américain Johnson & Johnson, dont les États-Unis attendent 100 millions de doses.

-Avec l’AFP