(Québec) Le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, s’inquiète « de plus en plus » de la progression de la pandémie de la COVID-19 qui gagne du terrain dans les communautés autochtones. Le dernier bilan fait état de 5071 cas de la maladie, dont 1942 actifs, et de 45 décès.

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
La Presse

La deuxième vague de la COVID-19 s’invite chez les communautés autochtones au pays. Les provinces de l’Alberta et du Manitoba sont particulièrement affectées avec chacune 1481 cas positifs. La Saskatchewan enregistre 1360 cas de la maladie. La Colombie-Britannique (397), l’Ontario (198) et le Québec (152) s’en tirent mieux pour l’instant. À l’échelle du pays, on dénombre 222 hospitalisations. Plus de 30 % des cas touchent le 20 à 39 ans.

« Ça fait tout un total », a indiqué le ministre Miller en entrevue. « Ça pose tout un problème et ça s’accélère avec des éclosions dans plusieurs communautés qui sont éloignées. En fin de semaine, on a dû envoyer les Forces armées canadiennes à Shamattawa, une communauté très éloignée au Manitoba, qui utilise le diesel pour leur électricité et qui fait face à une éclosion simultanée de tuberculose », se désole-t-il.

Environ 15 % de leur population est touchée par la COVID-19, a indiqué le ministre. Dans l’unique semaine du 29 novembre au 5 décembre, le Manitoba a enregistré - et de loin - la plus forte progression du nombre de cas avec une hausse de 287 chez les Autochtones.

Au Québec, un peu plus de 45 cas ont été enregistrés chez les Premières Nations en novembre. La communauté de Mashteuiatsh, au Lac-Saint-Jean, a notamment été plus fortement touchée avec 20 cas. La situation est désormais sous contrôle, a confirmé lundi le chef Clifford Moar.

Le ministre Miller se dit particulièrement inquiet pour les communautés autochtones qui se trouvent dans des régions plus éloignées du pays. Il souligne l’enjeu des ménages souvent surpeuplés et de la vulnérabilité des membres des Premières Nations. « On n’est pas sorti du bois », a-t-il ajouté, affirmant que les populations ne devaient surtout pas baisser la garde malgré l’arrivée d’un vaccin.

« On a de quatre à cinq fois plus de cas maintenant que dans toute la première vague alors qu’on a eu environ 400 cas de mars à août », a-t-il illustré.

Les communautés autochtones seront d’ailleurs parmi les groupes prioritaires à recevoir le vaccin. Au Québec, les Premières Nations des territoires isolés et nordiques sont incluses dans le « rang 4 » et donc, seront vaccinés après les résidants des CHSLD, des RPA et les travailleurs de la santé. Le ministre Miller n’a pas encore les détails de l’opération visant les Autochtones.

« Il y a un dialogue constant avec la fonction publique au Québec, il y a beaucoup de liens et de conversations pour éviter qu’il y ait des faux-pas », a-t-il soutenu. « C’est clair que l’armée va être impliquée dans la logistique et pour s’assurer que si elle doit donner des soins primaires, elle pourra le faire, mais dans la plupart des cas, ce sera la province », a ajouté M. Miller.

Les Rangers canadiens avaient notamment prêté main-forte aux autorités locales en Basse-Côte-Nord et dans le Nord-du-Québec lors de la première vague.