(Québec) Le nombre de nouveaux cas de COVID-19 devra diminuer sous la barre des 1000 par jour pour donner le feu vert aux rassemblements restreints à Noël, prévient le directeur national de santé publique, le DHoracio Arruda.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

Ce dernier a lancé cet avertissement en conférence de presse mardi, aux côtés du premier ministre François Legault et du ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé.

Québec a rapporté 1124 nouveaux cas d’infection, et la moyenne mobile sur sept jours s’élève à 1182 à l’heure actuelle. Cette moyenne était d’environ 1300 autour du 10 novembre.

La dernière fois que le Québec s’est retrouvé sous la barre des 1000 cas quotidiens, c’était dans les 10 jours qui ont précédé l’Halloween. C’était également le cas avant le 30 septembre.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE

Le DHoracio Arruda, directeur national de santé public a clairement indiqué que la propagation de la COVID-19 devra ralentir pour que des rencontres familiales restreintes soient permises comme prévu du 24 au 27 décembre.

Mardi, le DArruda a clairement indiqué que la propagation de la COVID-19 devra ralentir pour que des rencontres familiales restreintes soient permises comme prévu du 24 au 27 décembre.

La situation est très fragile encore actuellement, et je vous le dis, il nous faut maintenant aussi abaisser le taux si on veut être capables de se permettre ces deux rassemblements de Noël.

Le DHoracio Arruda, directeur national de santé public

François Legault a annoncé au cours de cette conférence de presse que les Québécois devront se limiter à « deux rassemblements au maximum » à Noël, durant les quatre jours où les rencontres d’au plus 10 personnes doivent être permises. Il a apporté cette précision après avoir reçu « un avis peut-être plus clair de la Santé publique », moins d’une semaine après le dévoilement aux Québécois de son « contrat moral » pour les Fêtes.

Le DArruda considère de son côté que « l’idéal » est de se limiter à un seul rassemblement. « C’est une période pour se retrouver en famille, mais ce n’est pas le Copacabana et le festival de Rio qu’on vous demande de faire, de grâce ! », a-t-il lancé, rappelant que « chaque contact supplémentaire est un risque ».

« Comme un “si” »

Jeudi dernier, François Legault avait prévenu qu’« il y a comme un “si” à ce qu’on propose » pour Noël. Il disait que si la situation se détériore avant le 24 décembre, les quatre jours de rassemblements pourraient être revus.

Pour le DArruda, dont les avis sont toujours respectés, aux dires du premier ministre, il faudra une diminution des infections pour pouvoir se réunir aux Fêtes.

« J’aimerais que ça baisse, parce que plus on part haut, plus l’exposition dans le temps des Fêtes va aller en augmentant. Donc, j’invite véritablement les Québécois à faire des efforts d’ici le 17 décembre. Ça va être très payant, chacune des réductions des contacts qu’on a », a-t-il expliqué. Il a précisé qu’il souhaite « en bas de 1000 » cas par jour.

D’autres facteurs seront considérés dans la décision, comme « la capacité des équipes de faire les enquêtes » épidémiologiques et « le nombre de cas d’hospitalisation ». La semaine dernière, l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) a sonné l’alarme dans la mise à jour hebdomadaire de ses projections sur l’état du réseau de la santé. Devant la hausse des cas de COVID-19 et des hospitalisations, il a dit craindre un débordement dans certains hôpitaux hors du Grand Montréal. Il y a un « risque de dépassement des capacités hospitalières », affirmait-il.

Rouvrir les écoles

Pour Benoît Mâsse, professeur à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, l’objectif de 1000 cas quotidiens fixé par le DArruda est justifié. « On veut moins d’infections que présentement pour s’assurer que même si les Fêtes génèrent une augmentation, on soit capable de rouvrir les écoles en présentiel. Je dirais même que le but ultime, c’est la rentrée scolaire en présentiel en janvier avec une épidémie en contrôle. Parce que cette rentrée scolaire en présentiel, qu’on le veuille ou non, ça donne un petit boost à l’épidémie », explique-t-il.

PHOTO AMÉLIE PHILIBERT, FOURNIE PAR L’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL

Benoît Mâsse, professeur à l’École de santé publique de l’Université de Montréal

Il y a un signal « encourageant » en vue d’atteindre la cible des 1000 cas, selon lui. Le taux de reproduction des cas de COVID-19 au Québec — le fameux Rt — vient de passer sous la barre du 1, selon la mise à jour hebdomadaire faite par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). Cela signifie que l’épidémie est contrôlée.

Le Québec se retrouve plus précisément avec un taux de 0,93. En clair, chaque Québécois infecté transmet le virus à moins d’une personne en moyenne à l’heure actuelle. On était un peu au-dessus de 1 auparavant, un seuil signifiant que la transmission est en hausse.

Selon Benoît Mâsse, ce résultat s’explique par la décision de la fin d’octobre d’envoyer les élèves de troisième secondaire à l’école une journée sur deux (c’était déjà le cas de ceux de quatrième et cinquième secondaire) et par les améliorations apportées au traçage.

Traçage et isolement

Il faudra d’ailleurs beaucoup compter sur les équipes de traçage pour diminuer le nombre de nouveaux cas à moins de 1000 par jour, selon M. Mâsse. Car le gouvernement ne veut pas imposer de restrictions supplémentaires. Il est donc « à court d’options », et il lui reste à « implorer les Québécois d’essayer encore de réduire les contacts », affirme-t-il.

Certes, la fin de la présence des élèves en classe le 17 décembre contribuera à une baisse de la transmission. Quant à l’isolement préventif de sept jours avant et après Noël, ce sera « excessivement difficile » à respecter pour plusieurs, note le professeur.

Lors de sa conférence de presse, François Legault a demandé à ceux qui ne pourraient s’isoler une semaine avant Noël de renoncer à participer à des rassemblements du 24 au 27 décembre afin de réduire les risques de propagation de la COVID-19. Il a ajouté que « ce n’est pas recommandé du tout » de partir à l’étranger pendant les Fêtes. Il a demandé aux forces policières de préparer un « plan » pour « s’assurer qu’il n’y a pas de rassemblements le 1er janvier ».

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