Le gouvernement Legault prépare une série d’actions pour éviter que Noël n’entraîne un regain de la pandémie de COVID-19 au Québec : du maintien des fermetures actuelles à la prolongation des vacances des écoliers, en passant par un resserrement des règles dans les centres commerciaux, la réflexion avance bon train. Tour d’horizon.

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

Vers une troisième période de 28 jours

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Christian Dubé, ministre de la Santé

La deuxième période de 28 jours devait se terminer lundi prochain, mais le premier ministre a annoncé qu’elle sera probablement renouvelée au moins jusqu’au temps des Fêtes. « Les mesures qui sont en place semblent fonctionner. Habituellement, quand quelque chose fonctionne, on ne change pas », a expliqué François Legault, en conférence de presse à Montréal, mardi après-midi. Dans les prochains jours, il pourrait quand même annoncer quelques petits changements dans les règles sanitaires, pour permettre notamment aux jeunes « d’avoir plus d’activités ». Pour les restaurateurs, aucun changement ne devrait être annoncé par contre. « Notre priorité est vraiment de se concentrer sur le temps des Fêtes », a-t-il ajouté. À propos des centres commerciaux, le DHoracio Arruda a souligné qu’il y a eu un « certain relâchement » des mesures sanitaires et qu’il est donc possible que la Santé publique fasse de nouvelles recommandations puisque ce sont des lieux fermés où la foule peut être dense. Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a cependant minimisé ces propos, laissant entendre que les autorités pourraient simplement sensibiliser les commerçants.

Les rassemblements des Fêtes

Alors, qu’en est-il des Fêtes ? Encore ici, les Québécois devront attendre quelques jours avant de connaître le nombre de personnes qui pourront se réunir, ainsi que la durée d’un éventuel assouplissement : Noël seulement ou pour la période des Fêtes, par exemple. François Legault a affirmé que l’annonce sera faite avant le 25 novembre pour donner un mois « à ceux qui vont préparer la dinde et les tourtières ». L’annonce pour les rassemblements dans le temps des Fêtes sera la même pour tous les Québécois, il n’y aura pas de différence pour les régions, peu importe la couleur de leur zone. « On veut garder ça simple », a-t-il lancé. Benoit Mâsse, professeur à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, espère que le gouvernement ne se contentera pas d’un nombre maximal de personnes par rassemblement. « Tous les regroupements n’offrent pas le même niveau de risque », explique-t-il, donnant comme exemple la présence d’une personne plus vulnérable en raison de son âge avancé.

Plus de vacances pour les jeunes

Autre changement possible : les vacances des enfants pourraient être prolongées d’une semaine ou deux en janvier. Sans cours en ligne. « On regarde pour allonger les vacances après le jour de l’An, a indiqué M. Legault. Pour une espèce de quarantaine pour les enfants avant le retour à l’école. » Questionné sur ce changement au calendrier scolaire, le DArruda a expliqué que, dans le temps des Fêtes, les rassemblements vont « augmenter la probabilité de transmissions ». La quarantaine après les rassemblements permettra de diminuer les activités des personnes infectées. « Ça va être plus facile de faire des enquêtes sur ces personnes-là et de les isoler. » Benoit Mâsse est bien d’accord avec cette initiative. « C’est sûr que si on faisait les Fêtes et que les enfants retournaient à l’école après, il y aurait plus de risque. » « Il faut un buffer », a-t-il ajouté. Du côté des entreprises, François Legault a indiqué qu’il n’est pas question pour l’instant de demander aux travailleurs de respecter une quarantaine après les Fêtes.

La bonne nouvelle : les vaccins

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Le DHoracio Arruda, directeur national de santé publique

Le premier ministre n’a pas caché sa joie concernant un éventuel vaccin. Même s’il n’y a rien de garanti, « on peut penser que d’ici l’été prochain, on pourrait retrouver une vie normale », a-t-il évoqué. Questionné au sujet des Québécois réfractaires aux vaccins, le DArruda a expliqué qu’au Québec, « on a une loi qui permet l’obligation de vacciner dans des situations exceptionnelles de crise sanitaire où on n’a pas la collaboration de la personne ». Le directeur national de santé publique s’est empressé d’ajouter que la province n’a jamais utilisé cette loi et que ce n’est « pas du tout dans [les] cartons ». « La probabilité est très, très, très faible, mais si c’était nécessaire, on a les moyens de le faire. »

Convaincre la population

Pour le DFrançois Marquis, chef de l’unité des soins intensifs à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, ce sera peut-être difficile de convaincre toute la population de se faire vacciner contre la COVID-19, parce qu’en ce moment, « c’est cool » de ne pas se faire vacciner. Il y a beaucoup de « fausses informations » qui circulent et qui incitent les gens à tourner le dos aux vaccins. Et pourtant, les vaccins ne sont plus ce qu’ils étaient il y a des décennies, affirme-t-il. « Un vaccin, c’est d’envoyer ton système immunitaire à l’école. Tu ne lui envoies pas la maladie, comme pensent plusieurs. Tu lui envoies des morceaux d’un soldat, comme sa main ou son pied, et tu lui dis d’analyser ça, car il va peut-être devoir se battre contre lui. »

Un « appel spécial » au Saguenay–Lac-Saint-Jean

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François Legault a rappelé que c’est au Saguenay–Lac-Saint-Jean qu’il y a le plus de cas actifs « par 100 000 habitants ». Il a ainsi lancé un « appel spécial » aux résidants de la région pour qu’ils fassent un effort supplémentaire pour aplatir la courbe. « J’invite tous les citoyens à se prendre en main et donner un coup de barre dans les prochains jours », a-t-il lancé, rappelant que la Capitale-Nationale l’a fait avec succès dans les dernières semaines. Le Québec a enregistré mardi 982 nouveaux cas de COVID-19, ainsi que 24 nouveaux décès. De ce nombre, 8 sont survenus dans Chaudière-Appalaches, 7 à Montréal, 3 en Gaspésie et 4 au Saguenay–Lac-Saint-Jean. En ce qui concerne les hospitalisations, le nombre a augmenté à 638 personnes (47 de plus que la veille), dont 100 sont aux soins intensifs. À ce propos, le premier ministre a dit que le Québec semble avoir atteint un nouveau plateau. D’après lui, la situation est « sous contrôle » dans les hôpitaux, les CHSLD, les écoles et les entreprises. « On semble avoir trouvé un certain équilibre. Ça veut dire que les mesures mises en place fonctionnent. »