(Ottawa) Si le virus continue de se propager au rythme actuel, on pourrait avoir plus 10 000 nouveaux cas par jour à l’échelle du pays dès décembre, a signalé vendredi la patronne de la Santé publique du Canada, alors que Justin Trudeau, de son côté, annonçait que la mission de la Croix-Rouge dans les CHSLD du Québec serait prolongée jusqu’au 15 janvier.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

La deuxième vague de la pandémie continue de déferler au Canada, et elle frappe fort dans des provinces qui avaient été relativement épargnées par la première, dont le Manitoba et l’Alberta et la Saskatchewan. Et jeudi, l’Ontario a fracassé un nouveau record de cas d’infection, avec plus de 1500.

La tendance inquiète l’administratrice en chef de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC), la Dre Theresa Tam. Et selon elle, si la courbe poursuit sa progression vers le haut, on pourrait recenser 10 000 nouveaux cas chaque jour d’ici le début du mois de décembre.

« Il y a des feux qui brûlent [des foyers d’éclosion] dans tellement de régions du pays, partout sauf dans la bulle de l’Atlantique et dans les territoires. Et le moment de les contrôler, c’est dès maintenant », a-t-elle fait valoir en conférence de presse, vendredi.

« Ça devrait être un wake-up call », a commenté à ses côtés Justin Trudeau.

« Il faut redoubler d’efforts pour freiner le virus, et nous allons travailler en équipe avec tous les ordres de gouvernement pour y arriver », a-t-il plaidé. Et même si on a eu droit à des nouvelles encourageantes quant à l’arrivée prochaine d’un vaccin, il ne faut pas relâcher pour autant, a insisté le premier ministre.

Il a par ailleurs annoncé, au lendemain d’une 21e conférence téléphonique avec ses homologues des provinces et des territoires, que la mission de la Croix-Rouge dans les CHSLD du Québec se poursuivrait jusqu’au 15 janvier prochain.

Le fédéral a aussi approuvé une demande du Manitoba de prêter main-forte dans des établissements de soins pour aînés. Là également, les employés de la Croix-Rouge seront déployés au moins jusqu’à la mi-janvier, a spécifié le premier ministre Trudeau.

Rencontre sur le transfert en santé

Peu avant cette conférence de presse à Ottawa, le Conseil de la fédération annonçait la tenue prochaine d’une rencontre sur le Transfert canadien en matière de santé (TCS) que les premiers ministres des provinces et des territoires réclamaient depuis plusieurs semaines.

Leur demande de longue date de hausser le transfert a pris de l’ampleur depuis que la pandémie a éclaté. Et celui qui préside cette année le regroupement, le premier ministre du Québec François Legault, a réaffirmé la position de ses partenaires à cet égard.

« La manière la plus efficace [de soutenir les provinces et territoires] consiste à accroître la part fédérale du financement des soins de santé par le biais du TCS de 22 % à 35 % et à la maintenir minimalement à ce niveau au fil du temps », a-t-il déclaré par voie de communiqué.

Les premiers ministres réclament une augmentation de 28 milliards de dollars des transferts en santé.

Invité à dire s’il était prêt à accéder à cette demande, Justin Trudeau a répondu qu’il s’était « engagé à avoir une discussion » avec ses partenaires.

« On va voir ce que ça va donner », a soutenu le premier ministre.

Objectif : un million d’emplois

D’autre part, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé vendredi les détails d’un investissement de 1,5 milliard de dollars dans les ententes sur le développement de la main-d’œuvre (EDMO) conclues avec les provinces et les territoires.

L’annonce s’inscrit dans le cadre du plan du gouvernement Trudeau visant à atteindre l’ambitieux objectif de créer plus d’un million d’emplois qu’il a formulé dans le discours du Trône.

Cet investissement aidera les Canadiens des groupes sous-représentés et ceux des secteurs qui ont été le plus durement touchés par la pandémie, dont la construction, les transports et l’hôtellerie, à accéder rapidement à des services d’aide pour réintégrer le marché du travail, a indiqué le gouvernement dans un communiqué.

Ces services « pourraient comprendre de la formation professionnelle, de la formation en milieu de travail, de la formation parrainée par l’employeur, de l’aide financière et des avantages sociaux, des services d’aide à l’emploi et d’orientation professionnelle », est-il spécifié dans le même document.

Le financement annoncé vendredi s’ajoute aux 3,4 milliards de dollars fournis aux provinces et territoires en 2020-2021 dans le cadre des EDMO ainsi que des ententes sur le développement du marché du travail (EDMT).