Le gouvernement Legault étudie l’idée de prolonger les vacances de Noël dans les écoles afin de réduire les risques associés aux petits rassemblements privés qu’il veut autoriser pendant les Fêtes. Les jours de cours perdus pourraient être repris plus tard, pour ne pas que les élèves prennent de retard.

Tommy Chouinard
Tommy Chouinard La Presse
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

Aucune décision n’a encore été prise, mais ce scénario est envisagé même si, le mois dernier, le premier ministre François Legault avait paru fermer la porte à une prolongation des vacances de Noël.

« Il y a encore du rattrapage à faire [dans les écoles], il n’est pas question de raccourcir les sessions », avait-il répondu en conférence de presse le 26 octobre.

Cette préoccupation du premier ministre demeure. Le gouvernement veut éviter que les élèves soient privés de jours d’enseignement. Le calendrier scolaire ne serait pas « raccourci ». Québec soupèse les options pour reprendre, en partie ou en totalité, les journées qui seraient perdues et modifier le calendrier advenant des vacances prolongées.

Comme La Presse l’écrivait mercredi, Québec envisage de permettre, quelques jours à l’occasion de Noël puis quelques jours au Nouvel An, des rassemblements privés restreints. Il autoriserait les rencontres entre deux ménages d’adresses différentes.

Québec veut créer les conditions favorables à cette possibilité. On évoque l’instauration d’un isolement préventif avant et après les Fêtes, afin de limiter les risques de propagation de la COVID-19. L’idée de prolonger les vacances de Noël dans les écoles vise à favoriser cet isolement préventif.

Tendance à la hausse

À quelque six semaines de la période des Fêtes, l’évolution de la pandémie de COVID-19 reste préoccupante. Québec a rapporté mercredi 22 nouveaux décès et 1378 infections supplémentaires, tandis que les hospitalisations sont en hausse.

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Ces nouvelles données portent à 118 529 le nombre de personnes qui ont contracté le virus depuis le début de la pandémie ; 6 des 22 nouveaux décès enregistrés sont survenus dans les 24 dernières heures. Jusqu’ici, 6515 Québécois ont succombé à la maladie.

À elles seules, les régions de la Capitale-Nationale et de Lanaudière regroupent plus de la moitié des décès enregistrés, avec chacune six morts. Le Saguenay–Lac-Saint-Jean recense également trois décès, tout comme la Mauricie.

Dans les Laurentides, deux morts s’ajoutent au bilan, alors qu’à Montréal et dans Chaudière-Appalaches, on enregistre un décès supplémentaire.

Le nombre d’hospitalisations, lui, est en forte hausse après avoir connu soit des diminutions, soit des augmentations beaucoup plus légères cette semaine. Leur cumulatif a bondi de 39 mercredi par rapport à la veille, pour atteindre 573 patients hospitalisés au Québec. De ce nombre, 84 personnes se trouvent aux soins intensifs, une hausse de 2.

Après les baisses des deux derniers jours, le nombre de prélèvements est reparti à la hausse. Les dernières données disponibles démontrent que 24 198 tests de dépistage ont été effectués en début de semaine. La moitié des éclosions actives (48,5 %) sont toujours en milieu de travail, suivi par le secteur scolaire (27,8 %) et le réseau de la santé (13,1 %).

À ce jour, 91,3 % des décès sont survenus chez les personnes âgées de 70 ans et plus. Dans les dernières semaines, plusieurs experts se sont inquiétés de la recrudescence d’éclosions et de cas dans les milieux de soins pour aînés, dont les CHSLD. Certains disent craindre le pire en matière de taux de mortalité si la situation n’est pas rapidement maîtrisée.

Plusieurs régions en état d’alerte

Le nombre de cas déclarés mercredi au Saguenay–Lac-Saint-Jean connaît une augmentation marquée de 198 infections. Le chiffre représente 71 cas par 100 000 habitants, un record inégalé jusqu’ici. Sur sept jours, la région enregistre un taux de 45 cas par 100 000 habitants. Récemment, plusieurs appels à la vigilance ont été faits afin d’inviter les citoyens à suivre les consignes sanitaires.

« La situation sera pire avant de s’améliorer », avait d’ailleurs prévenu le ministre de la Santé, Christian Dubé, lors de son passage dans la région lundi dernier. Les chiffres présentés mercredi semblent pour l’instant lui donner raison.

La hausse se poursuit également dans Lanaudière, qui recense 166 nouveaux cas ; dans les deux derniers jours, la région en avait enregistré 164 et 173.

À Montréal, on observe une légère tendance à la hausse. La métropole enregistre 318 nouvelles infections, plus que les 253 cas qui avaient été déclarés mardi. Lundi, on avait enregistré 285 cas dans la région. Dans la couronne nord, Laval recense pour sa part 86 infections de plus.

À Québec, le plateau du nombre d’infections semble se poursuivre, en dépit d’une légère hausse quotidienne ; 98 cas ont été déclarés dans la capitale mercredi, contre 82 et 76 lundi et mardi. En Estrie, qui passera en zone rouge jeudi, on recense 59 nouvelles infections, soit une baisse par rapport à la veille. Idem en Montérégie, où 144 cas de plus s’ajoutent au bilan. La veille, on avait enregistré 192 cas dans cette région qui demeure sous haute surveillance. La Mauricie, quant à elle, demeure stable, avec 86 cas déclarés.