(Montréal) Bien qu’il y ait actuellement près de 1200 classes fermées et que le premier ministre juge la situation dans les écoles préoccupante, le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge garde le cap et estime que les mesures sanitaires dans les écoles sont suffisantes, y compris celles prises pour assurer la qualité de l’air.

Marie-Eve Morasse
Marie-Eve Morasse La Presse

En entrevue téléphonique à La Presse, le ministre le réitère : ce qui se passe dans les écoles est le reflet de ce qui se passe dans la communauté. Ainsi, il juge que le plan de réouverture des classes, y compris le concept de bulle-classe, est encore efficace.

« Il fonctionne parce qu’il est appliqué avec plusieurs autres mesures, estime Jean-François Roberge. Les bulles-classes, les horaires différenciés, les dîners séparés, le transport scolaire, les masques pour les élèves du secondaire même en classe, ce sont toutes ces mesures qui nous aident à limiter la propagation. C’est vrai qu’il y a plus de cas dans les classes, mais il y a plus de cas au Québec aussi. »

Ne serait-il pas temps d’être plus précis dans les directives envoyées aux écoles ? D’envisager de louer des locaux à l’extérieur des écoles pour augmenter la distanciation ? De songer à faire l’école une journée sur deux ?

Pour l’instant, ce qu’on doit faire, c’est appliquer le plan actuel et s’assurer qu’il n’y a pas de relâchement. C’est un peu ça qui nous inquiète, des fois, qu’il y ait un relâchement dans l’application des consignes.

Jean-françois Roberge, ministre de l'Éducation

Le ministre estime qu’à ce moment-ci, le réseau de l’éducation « a besoin de stabilité », mais assure être toujours « à la recherche de solutions » avec la Santé publique.

L’idée de prolonger le congé des Fêtes « fait partie de ce qui est sur la table », mais pas question pour l’instant de faire l’école à distance pour d’autres élèves que ceux en 3e, 4e et 5e secondaires. Jean-François Roberge dit qu’il faut aussi « faire attention à la santé mentale des élèves et s’assurer d’une fréquentation scolaire ».

Ventilation : pas possible de faire plus, dit le ministre

La Presse révélait jeudi que Québec ne dispose pas d’une vue d’ensemble de l’état des systèmes de ventilation dans ses écoles. À ce sujet, le ministre Roberge dit qu’il a demandé en juin une reddition de comptes aux centres de services scolaires et que les résultats lui parviendront d’ici la fin du mois. « Ça va nous permettre d’avoir un tableau de bord national sur l’aération et la ventilation », assure le ministre.

N’aurait-on pas pu en faire davantage cet été ? À ce sujet, le ministre cite les sommes investies dans l’entretien des écoles, le rappel fait au réseau sur la nécessité de bien entretenir les systèmes de ventilation et l’ajout de 20 millions en septembre pour l’entretien des systèmes de ventilation. « Je ne pense pas que c’est possible de faire plus que ça », dit Jean-François Roberge.

Jeudi, le premier ministre François Legault a assuré qu’il n’y avait pas d’indication que des fermetures de classes seraient liées à des problèmes de ventilation et rappelé que la Santé publique recommandait essentiellement l’entretien des systèmes de ventilation.

La Santé publique ne nous a pas dit : “Ça prend une évaluation de la qualité de l’air dans chaque classe ou ça prend un purificateur dans chaque école.” On n’a pas eu ces recommandations-là.

François Legault, premier ministre, faisant allusion aux demandes des partis d'opposition

Questionné sur la possibilité d’équiper les écoles de systèmes portatifs de ventilation, le ministre de l’Éducation s’en remet aux centres de services scolaires et cite la commission scolaire Lester B. Pearson, à Montréal, qui en a fait l’achat.

« Pour moi, c’est un exemple de bonne gouvernance. Ils ont fait des tests, en ont installé où c’était nécessaire, avec le budget du gouvernement. Pour moi, c’est ça la décentralisation, c’est la vision caquiste : on donne l’argent, on permet aux organisations locales de prendre les décisions et ensuite on fait une reddition de comptes », dit Jean-François Roberge.

— Avec Fanny Lévesque, La Presse