Il n’y aura pas « un gros Noël avec toute la parenté », mais le premier ministre François Legault laisse entrevoir la possibilité que les grands-parents puissent voir leurs petits-enfants pendant les fêtes. À condition de poursuivre les efforts pour contenir la propagation de la COVID-19.

Tommy Chouinard
Tommy Chouinard La Presse
Pierre-André Normandin
Pierre-André Normandin La Presse

Dans une lettre ouverte intitulée « La vie est plus forte que tout », publiée dans la section Débats, François Legault reconnaît que les temps sont « durs pour le moral », mais il fait valoir que les « efforts » et la « solidarité » des Québécois ont permis de reprendre « un certain contrôle sur la pandémie ».

« La bataille n’est pas terminée », réitère-t-il. « On doit continuer de s’entraider si on veut passer à travers et arriver tous ensemble au printemps. On doit rester unis. C’est pour ça que je vous lance un message d’espoir. »

Pour la période des Fêtes, c’est une lueur d’espoir qu’il fait apparaître. Il prépare toutefois les esprits à des festivités plus limitées. « Je veux qu’on fête Noël au Québec, affirme-t-il. Ce ne sera pas un gros Noël avec toute la parenté, mais si les grands-parents pouvaient enfin voir leurs petits-enfants, pour moi, ce serait une grande victoire. »

Comme tout le monde, il dit avoir hâte que l’on soit « enfin tous libérés de ce fardeau » imposé par la pandémie et que l’on retrouve « les soupers entre amis » – laissant ici entendre que ce n’est pas demain la veille que l’on pourra recevoir des invités à la maison. « Il y a de l’espoir avec les vaccins qui s’en viennent », ajoute-t-il pour relativiser les choses.

Québec soupèse ses options en prévision de Noël. Puisque le congé scolaire réduira dans une large mesure les contacts sociaux, avec la fermeture des écoles, on pourrait permettre d’ouvrir un peu les vannes à l’occasion des Fêtes, si l’évolution de la pandémie le permet, bien entendu.

Lundi ou plus probablement mardi à 17 h, François Legault fera le point sur les mesures sanitaires en zone rouge. Rappelons que le 26 octobre, quand il les a reconduites pour 28 jours, il s’est engagé à réévaluer la situation dans un délai de deux semaines.

Au gouvernement, on a peu d’espoir quant à la possibilité qu’on a annonce un relâchement significatif ce jour-là.

On jongle néanmoins avec l’idée de créer en quelque sorte un palier rouge moins rigoureux – « rouge pâle », si l’on ose dire.

Les salles à manger des restaurants, les bibliothèques et les salles de spectacle, par exemple, pourraient alors rouvrir avec des limites quant à la capacité d’accueil (les bars devraient rester fermés). Ce scénario ne se concrétiserait pas dès maintenant.

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Les restaurants vont-ils pouvoir rouvrir en zone rouge ? François Legault jongle avec l’idée.

L’objectif du gouvernement est de concevoir des règles stables avec lesquelles on composerait pendant un bon moment – plutôt que d’avoir à les réévaluer et à les ajuster constamment. Il faut donner un peu de prévisibilité malgré le contexte d’incertitude entourant l’évolution de la pandémie, résume-t-on. La stabilité actuelle dans les cas de COVID-19 et la situation dans les hôpitaux – à quelques exceptions régionales près – l’amènent à envisager une telle option.

Si Québec a écarté les propositions d’assouplissement de la Direction de santé publique de Montréal, ce n’est pas parce qu’elles sont une hérésie. C’est parce qu’il est trop tôt pour les adopter.

D’ici à sa sortie du début de la semaine, François Legault fera une allocution au congrès virtuel de la Coalition avenir Québec (CAQ), samedi. Ce congrès devait avoir lieu au printemps, mais il a été reporté en raison de la pandémie. Ce sera un exercice plutôt expéditif : le tout sera réglé en 90 minutes. Il y aura un « tour de table entre ministres » et l’élection d’un nouvel exécutif national. Nommée l’an dernier, l’actuelle présidente, Alice Khalil, ex-candidate dans Chomedey (Laval), a une adversaire : Sarah Beaumier, qui avait porté les couleurs de la CAQ dans Hochelaga-Maisonneuve en 2018.

25 décès s’ajoutent

Le Québec a rapporté vendredi 25 nouveaux décès en raison de la COVID-19. On a de plus enregistré 1133 cas supplémentaires. Alors que la province traverse depuis six semaines un plateau, les hospitalisations demeurent stables.

Comme c’est le cas depuis une semaine, c’est en Montérégie que l’on déplorait le plus de décès vendredi, soit neuf. Cinq décès ont également été rapportés dans la Capitale-Nationale. Montréal a rapporté trois nouveaux décès et l’Estrie deux. Six autres régions enregistrent un décès, soit le Saguenay, les Laurentides, Lanaudière, la Gaspésie, le Bas-Saint-Laurent et Laval.

La forte tendance à la hausse continue à se faire sentir au Saguenay–Lac-Saint-Jean, qui a rapporté vendredi 101 nouveaux cas confirmés.

La région de la Mauricie et du Centre-du-Québec aussi a assisté à une inquiétante augmentation, avec 116 cas supplémentaires.

À l’inverse, la région de la Capitale-Nationale continue sa tendance à la baisse. Avec seulement 55 nouveaux cas, elle est officiellement passée sous le seuil d’alerte rouge de 10 cas par 100 000 habitants.

Après avoir réduit considérablement son nombre de cas en septembre, le Bas-Saint-Laurent a enregistré un sursaut vendredi, avec 40 nouveaux cas.

Avec 287 nouveaux cas, Montréal par contre poursuit depuis trois semaines un plateau autour de 12 cas par 100 000 habitants.

Stabilité dans les hôpitaux

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Devant la tendance stable dans les nouveaux cas de COVID-19, le gouvernement ne craint pas que la capacité des hôpitaux soit dépassée en raison de la COVID-19. Dans un rapport rendu public vendredi, l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) note que la « stabilisation des nouvelles hospitalisations se poursuit ».

« Si le taux de transmission reste constant, le nombre de patients hospitalisés pourrait rester stable, voire même diminuer », évalue l’organisation mandatée pour évaluer la capacité des hôpitaux.

Des 6807 nouveaux cas depuis une semaine, 349 sont jugés à risque élevé d’hospitalisation. C’est légèrement plus que la semaine précédente.

Ainsi, la capacité des hôpitaux ne devrait pas être dépassée dans la région de Montréal.

À l’extérieur, par contre, l’INESSS note que « les fluctuations du taux de transmission dans la zone 2 génèrent un certain degré d’incertitude. La possibilité d’un dépassement des capacités hospitalières dédiées de lits réguliers n’est pas exclue dans cette zone ».

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, s’est dit rassuré par ces constats de l’INESSS. « On remarque que la stabilisation des cas se poursuit et cette tendance se reflète dans le nombre de nouvelles hospitalisations. La situation demeure donc sous contrôle, mais certaines régions du Québec font actuellement face à une augmentation préoccupante de nouvelles éclosions », prévient-il dans un communiqué.