Pour les familles d’accueil d’enfants et d’adultes du Québec, les exigences strictes de nettoyage et de désinfection de leurs maisons n’ont pas cessé avec la deuxième vague de COVID-19, mais le boni pour l’achat de produits nettoyants et de masques, lui, a été coupé.

Stéphanie Marin
La Presse Canadienne

Les familles d’accueil ne comprennent pas cette décision du gouvernement.

Non seulement leurs tâches ont augmenté pour tout nettoyer et éviter que leurs protégés ne soient infectés, mais maintenant, elles doivent payer tout cela de leurs poches — lingettes, masques, produits désinfectants.

Cette bonification de 20 % de leurs dépenses de fonctionnement raisonnables pour couvrir l’ensemble des mesures d’hygiène requises leur avait été accordée en mars dernier, a expliqué en entrevue téléphonique Diane Ménard, la présidente du secteur des ressources de type familial et de certaines ressources intermédiaires de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD).

Cette bonification représentait une somme de 5,58 $ par jour, par enfant ou adulte qui habite en famille d’accueil.

Pour des familles comme celle de Mme Ménard, qui s’occupe de six femmes adultes avec une déficience intellectuelle, cela fait une grosse différence.

Elle ne s’explique pas pourquoi le gouvernement a cessé de payer cette prime — sans préavis — et ses demandes d’explications sont restées sans réponse, dit-elle. Le gouvernement l’a coupée en juillet, mais la mesure était rétroactive au mois de juin.

Elle trouve aussi qu’il s’agit d’un manque flagrant de reconnaissance de leur travail de la part du gouvernement.

Mme Ménard explique que les exigences d’hygiène et de désinfection sont élevées vu le va-et-vient dans leurs maisons : les familles des personnes hébergées peuvent visiter, les intervenants de la DPJ y ont aussi accès et les adultes hébergés vont aussi à l’extérieur, dans des centres de jour pour diverses activités.

On nous envoie des tableaux sur les mesures de prévention et de désinfection — qui doit être faite de façon quotidienne — et on a dû faire de la formation : c’est exigeant, rappelle la mère de famille d’accueil.

La Centrale des syndicats démocratiques représente près de 4000 familles d’accueil québécoises, qui hébergent quelque 10 000 personnes, enfants comme adultes. Elle représente la moitié des familles d’accueil du Québec.