(Québec) Le gouvernement Legault débloque 25 millions « récurrents » pour ajouter l’équivalent de 250 nouvelles ressources à temps complet spécifiquement dédiées à la santé mentale « des jeunes, des jeunes adultes et leurs familles » particulièrement affectés par la pandémie de la COVID-19.

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
La Presse

Il s’agit d’un « premier pas ciblé » vers ceux qui en ont le plus besoin : les jeunes, a fait valoir le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, soulignant que cette clientèle souffre notamment d’anxiété et de détresse psychologique liée à la crise sanitaire.

« Mais, on sait que les effets de la santé mentale peuvent perdurer au-delà de la pandémie », a-t-il ajouté mercredi devant les journalistes. « Il y a une hausse des besoins chez les jeunes (0-25 ans) et chez les jeunes familles », a précisé M. Carmant.

Les sommes annoncées doivent « bonifier l’accessibilité aux services », « consolider les équipes déjà existantes » et « augmenter le soutien aux intervenants œuvrant en santé mentale ».

« Il y a des ressources qu’on veut rehausser à temps complet, […] on continue de recruter, on recrute environ une trentaine de personnes par mois. Là, on a des ressources spécifiques pour les jeunes, vous le savez, nos programmes jeunesse sont très populaires, on pense qu’on va être capable de combler les besoins », a-t-il dit.

Lionel Carmant indique que malgré l’augmentation de la demande en raison de la pandémie, les listes d’attente pour avoir accès aux services de santé mentale diminuent tant chez les adultes que les jeunes.

« [Chez les adultes], la liste d’attente était à environ à 28 000 en 2019 et elle est maintenant à 16 000 », a souligné le ministre, rappelant l’investissement en mai dernier d’un montant de 31,1 millions pour rehausser les services psychosociaux.

Sauf que chez les jeunes, la réduction des listes d’attente est plus lente, selon M. Carmant. « Cette diminution est nettement asymétrique, on voit que chez les adultes, on a une diminution de 48 % des délais d’attente tandis que chez les jeunes, on tourne autour de 20 % », a illustré M. Carmant pour justifier la nouvelle aide gouvernementale.

Il indique qu’environ 5000 jeunes attendent actuellement d’avoir accès au service psychosocial.

Des besoins urgents

Un peu avant l’annonce, Québec solidaire a réitéré que le Québec « a besoin de mesures d’urgence » pour réduire le temps d’attente.

« Quelqu’un nous a écrit pour nous dire : j’ai téléphoné au 8-1-1 pour mon enfant de six ans et la réponse a été, il y aura entre 18 mois et deux ans d’attente pour la prise en charge, ça ne peut pas être ça », a relaté la co-porte-parole Manon Massé.

Pour sa part, le Parti libéral réclame la mise en œuvre d’un « programme de psychothérapie universel » pour tous les Québécois. On propose que les services au privé soient remboursés par la RAMQ pour accélérer le traitement des demandes. « Il y a un système à deux vitesses au Québec », a déploré le député André Fortin.

La proposition libérale coûterait 300 millions par année, dit-il.

Enfin, le Parti québécois demande un ajout « costaud » de ressources sur le terrain, et ce, rapidement pour « aller dans les milieux où les gens sont les plus vulnérables », a résumé le député Joël Arseneau.