(Québec) Si la rentrée a donné lieu à une hausse inquiétante du nombre de nouveaux cas de COVID-19 dans la région de Québec, la courbe montre des signes d’aplatissement.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

En entrevue avec La Presse, le directeur de santé publique de la Capitale-Nationale n’ose pas se réjouir. Mais il parle bel et bien d’un « plateau ».

« Nos données épidémiologiques des deux dernières semaines nous font croire qu’on est sur une espèce de plateau en ce moment », explique le DAndré Dontigny.

Une analyse des données dans la Capitale-Nationale dévoile plusieurs tendances. D’abord, ce n’est pas Québec à proprement parler qui compte le plus de cas actifs par habitant dans la région, mais plutôt Portneuf, et surtout Charlevoix.

Ensuite, la semaine du 4 octobre semble représenter un sommet, avec 1171 nouveaux cas sur sept jours. Ces chiffres baissent – un peu – depuis. Il y a eu 1051 nouveaux cas la semaine dernière.

La Capitale-Nationale n’est d’ailleurs plus « l’épicentre » de la pandémie dans la province, comme elle l’a été l’espace de quelques jours. Les chiffres de l’Institut national de santé publique (INSPQ), en date du 26 octobre, montrent que la Gaspésie a dépassé Québec en matière de cas actifs par 100 000 habitants.

« Mais malgré cette espèce de plateau-là, à titre de directeur de santé publique, je ne peux pas dire que ça va bien. C’est trop élevé », insiste le DDontigny.

PHOTO PATRICE LAROCHE, ARCHIVES LE SOLEIL

Le DAndré Dontigny, directeur de santé publique de la Capitale-Nationale

Avec une moyenne de plus de 1000 cas par semaine, c’est trop. Ça génère énormément de travail, ça fragilise les milieux de soins.

Le DAndré Dontigny, directeur de santé publique de la Capitale-Nationale

Des élus de Québec ont fait une sortie publique vendredi dernier pour inviter les gens à limiter leurs contacts et à respecter les règles de distanciation pour réduire les infections.

Le réseau de la santé est dans une situation délicate dans la Capitale-Nationale, avaient martelé la vice-première ministre, Geneviève Guilbault, le maire de Québec, Régis Labeaume, et celui de Lévis, Gilles Lehouillier.

Il faudra encore plusieurs jours avant de voir si cette sortie aura un effet sur le nombre de nouvelles infections, explique le DDontigny.

« Il faut toujours penser en termes de 7 à 14 jours plus tard, à cause du temps d’incubation. Si dès le samedi les gens ont modifié leurs comportements, le résultat ne se verra pas tout de suite. »

Charlevoix rattrapé par la réalité

Avec 288 cas actifs par 100 000 habitants, c’est à Charlevoix que la situation est la plus préoccupante dans la Capitale-Nationale. Portneuf suit avec 209 cas actifs par 100 000 habitants.

À Québec comme tel, le nombre de cas actifs par habitant est inférieur à celui constaté à Trois-Rivières ou à Thetford Mines, et similaire à celui de Drummondville.

PHOTO MATHIEU BÉLANGER, ARCHIVES LA PRESSE

Michel Couturier, maire de La Malbaie

« On a comme été sur un piédestal durant le printemps et l’été. Mais là, la réalité de la pandémie nous rattrape », explique au bout du fil le maire de La Malbaie, Michel Couturier.

L’hôpital de La Malbaie a été le théâtre d’une éclosion. Les opérations non urgentes ont été reportées. Plusieurs services ont été transférés à l’hôpital de Baie-Saint-Paul. « Ma mère devait avoir un vaccin, elle a été transférée à Baie-Saint-Paul. On sent que le réseau de la santé est fragile », note le maire.

La Santé publique n’a pas un coupable à désigner pour la situation dans Charlevoix. Comme à Québec, le DAndré Dontigny parle de « propagation diffuse », qui a lieu tant dans la communauté que dans les résidences pour aînés ou les hôpitaux.

« L’été dans Charlevoix, malgré le tourisme, ça n’a pas posé de problème. Mais quand ç’a commencé à rentrer, ç’a flambé », note le directeur de santé publique dans la capitale.

Bilan de 963 nouveaux cas

Le Québec a rapporté mardi 963 nouvelles infections ainsi que 19 décès supplémentaires liés à la pandémie de COVID-19.

Des 19 nouveaux décès qui s’ajoutent au bilan, quatre sont survenus dans les 24 dernières heures. Quatorze personnes ont aussi succombé à la maladie entre le 20 et le 25 octobre dernier. Un décès survenu « à une date inconnue » s’ajoute également au cumulatif, qui atteint désormais 6172 morts au Québec.

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La région de Chaudière-Appalaches recense cinq de ces 19 morts à elle seule, alors que la Capitale-Nationale en ajoute quatre autres.

Le nombre d’hospitalisations, lui, a toutefois diminué de 16 par rapport à lundi, alors qu’on rapporte 57 entrées et 73 sorties. Au total, 527 Québécois sont actuellement hospitalisés. De ce nombre, 91 patients se trouvent toujours aux soins intensifs, soit une baisse quotidienne de deux cas.

Ces chiffres sont toutefois associés à une baisse du nombre de tests de dépistage. Selon les chiffres du gouvernement, seulement 18 895 prélèvements avaient été effectués le 25 octobre dernier, soit environ 6000 de moins que la moyenne des derniers jours.

Plus tôt, lundi, Québec a reconduit toutes les mesures restrictives en zone rouge jusqu’au 23 novembre. Dès la semaine prochaine, les élèves de 3e secondaire qui fréquentent des écoles en zone rouge iront en classe une journée sur deux, comme c’est déjà le cas pour la 4e et la 5e secondaire.

« Dans deux semaines, on va réévaluer la situation. Si les indicateurs montrent une baisse soutenue du nombre de cas, d’éclosions et d’hospitalisations, on pourra relâcher plus tôt certaines de nos consignes », a promis le premier ministre François Legault.

– Avec Henri Ouellette-Vézina, La Presse