(Québec) En dix jours seulement, 418 Québécois déclarés positifs à la COVID-19 ont saisi leur « clé à usage unique » dans l’application « Alerte COVID », générant ainsi de notifications à leurs contacts étroits. En comparaison, ce nombre atteint 1696 pour tout le Canada où l’on enregistre désormais près de 4,6 millions de téléchargements.

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
La Presse

« C’est un chiffre très encourageant », estime le ministre délégué à la Transformation numérique, Éric Caire.

Du 5 au 15 octobre dernier, quelque 10 535 personnes ont reçu un diagnostic positif à la COVID-19 au Québec. De ce nombre, 442 ont demandé à la Santé publique de leur fournir une « clé à usage unique » pour l’entrer dans l’application fédérale de traçage. Au final, ce sont 418 d’entre elles qui l’ont officiellement enregistré dans leur cellulaire.

« C’est intéressant parce que pour avoir ta clé, il faut que tu communiques avec la Santé publique après avoir été déclaré positif. C’est volontaire », souligne M. Caire. Le quart des « clés à usage unique » au pays a donc été généré au Québec, ce qui laisse présager des résultats de bon augure, estime le ministre.

Par contre, il est impossible de savoir combien de notifications ces codes ont permis de générer ni combien de personnes ont choisi de subir un test de dépistage après avoir reçu une alerte leur suggérant de le faire. En ce sens, M. Caire admet que l’efficacité de l’application sera « très difficile » à démontrer.

« L’application a été élaborée pour être totalement anonyme […] alors il n’y a aucune autre information qui est colligée », illustre-t-il.

Le gouvernement Legault est d’ailleurs incapable d’obtenir le nombre total de téléchargements en sol québécois puisqu’Ottawa ne ventile pas les données par province. « On voulait une appli qui nous garantisse l’anonymat, bien ça ne nous permet pas d’avoir toute l’information qu’on aurait pu vouloir », précise M. Caire.

En raison des paramètres de sécurité de l’application, il « est impossible pour le serveur d’identifier la province où elle a été téléchargée », a confirmé Santé Canada à La Presse.

« Avant que le Québec embarque, il y avait environ 3,3 millions de téléchargements au pays. Il y en a maintenant 1,2 million de plus. On ne peut pas présumer que la totalité de ces téléchargements est chez nous, mais on peut présumer qu’on en a ramassé une bonne partie », évalue le ministre.

Sept provinces canadiennes ont emboîté le pas à l’Ontario, qui a été la première à l’autoriser sur son territoire, en juillet dernier. Vendredi, Justin Trudeau a affirmé que le nombre de téléchargements au pays avait atteint près de 4,6 millions. Il assure vouloir maintenant convaincre la Colombie-Britannique et l’Alberta de monter dans le train.

Québec a donné le feu vert au déploiement de l’application « Alerte COVID » le 5 octobre dernier dans l’objectif d’offrir « un outil supplémentaire » pour lutter contre la deuxième vague de la pandémie. Grâce à la technologie Bluetooth, l’application permet à son utilisateur de recevoir une notification s’il a été en contact étroit et prolongé (à moins de deux mètres pendant plus de 15 minutes) avec une personne atteinte du virus.