Des élèves du collège Jean-de-Brébeuf à Montréal s’inquiètent de devoir aller faire des examens en classe dans les deux prochaines semaines, malgré le fait que la métropole se trouve en zone rouge et que la quasi-totalité des cours se donne à distance.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

Dans une lettre transmise à La Presse, ils estiment que la direction du collège privé « tire avantage de l’ambiguïté des directives gouvernementales afin de soi-disant privilégier le succès académique » et qu’elle doit réviser l’horaire des examens prévus cette semaine et la suivante pour en faire le plus possible à distance.

« Depuis le début de la session, je suis allée au collège une fois pour un labo. On me demande de faire tous les cours en ligne et là, je dois aller faire une rédaction de 40 minutes en personne. Je pense que c’est très faisable à la maison », dit une élève, qui ne veut pas être nommée parce qu’elle craint d’être visée par la direction et parce qu’elle a « du respect pour l’établissement ».

C’est aussi l’avis d’Ines, une élève de deuxième année qui se demande pourquoi les examens qui comportent des questions à développement ne se font pas à distance.

« On ne voudrait pas attraper la COVID-19 dans les transports en commun, ou la transmettre à d’autres personnes, à nos proches. Mais selon les règles qui nous ont été données, on ne peut pas s’absenter pour ces raisons », dit Michael, un élève qui craint des répercussions s’il témoigne à visage découvert.

Un autre s’inquiète pour son grand-père, avec qui il vit. L’élève se rend au collège pour des cours en laboratoire cette session, mais il n’y a jamais plus de 10 personnes à la fois en classe et le protocole sanitaire est strict, dit-il. Pour les examens, « on reste 30 dans un local », déplore-t-il.

Les mesures sanitaires sont respectées, dit le Collège

Au collège Jean-de-Brébeuf, on explique que les mesures sanitaires qui sont en place lors des examens ont été prises en collaboration avec la Direction régionale de santé publique. Les élèves doivent porter un masque pendant tout l’examen, accèdent aux locaux par l’une ou l’autre des cinq entrées désignées, sont à distance les uns des autres. Il n’y aura jamais plus de 300 élèves dans le collège à la fois, indique-t-on aussi.

Pourquoi tenir les examens en personne et non pas à distance ? « On est sûr qu’il n’y a pas de tricherie en personne. Quand ça se passe en ligne, on ne peut pas être sûr qu’il n’y en a pas », dit la porte-parole de l’établissement, Marie-Pierre Hamel. Certains élèves, dit-elle, veulent au contraire que les examens se fassent en personne pour que « ce soit juste pour tout le monde ».

La ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, a exhorté lundi les cégeps et universités en zone rouge à donner « le plus possible la formation et les activités à distance ».

Son cabinet précise qu’il revient à chaque cégep et université de décider des activités qui se tiennent ou non sur les campus et rappelle que les écoles ne sont pas fermées en zone rouge.

Il ne faut toutefois pas que les élèves et les étudiants « soient lésés » s’ils ont peur de se présenter, ajoute le porte-parole Alexandre Lahaie. « On invite les collèges, universités et cégeps à faire preuve de souplesse », dit-il.

Depuis le passage en zone rouge, certains cégeps ont annulé la présence de leurs élèves en classe pour les examens. C’est notamment le cas du cégep Édouard-Montpetit, où des examens ont été tenus en personne à la fin septembre. Il a été décidé que les prochains seront faits à distance.

Le collège Brébeuf se dit ouvert « à ce que des élèves aient des accommodements », mais maintient ses examens en personne.