(Québec) Alors que le nombre de nouveaux cas confirmés augmente de jour en jour dans la capitale, des citoyens de Québec qui ont passé un test pour la COVID-19 déplorent la « lenteur » et les « ratés » du système.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

Plusieurs résidants de Québec ont raconté à La Presse comment ils ont dû s’armer de patience et attendre en isolement une semaine ou plus avant d’obtenir leur résultat.

Les délais semblent avoir grimpé dans les dernières semaines à Québec. Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale annonçait avoir réalisé un nombre record de 2730 tests dans la seule journée de mercredi dernier.

La région a par ailleurs affiché lundi 60 nouveaux cas en 24 heures sur son territoire, un record depuis le début de la pandémie. Les régions de Chaudière-Appalaches et du Bas-Saint-Laurent ont aussi enregistré lundi des augmentations importantes.

La hausse des cas de COVID-19 pousse le gouvernement Legault à annoncer une mise à jour de son système d’alerte mardi, jour de rentrée parlementaire à Québec.

Depuis l’annonce de ce code de couleurs le 8 septembre, quatre régions – Québec, Laval, Estrie et Outaouais – sont en jaune, en état de « préalerte », alors que le reste de la province est au vert. On peut s’attendre à tout le moins à ce que de nouvelles régions, comme le Bas-Saint-Laurent et Chaudière-Appalaches, passent au jaune.

L’annonce sera faite par le premier ministre François Legault et le ministre de la Santé, Christian Dubé, en compagnie du directeur national de santé publique, le DHoracio Arruda, ce mardi à 13 h.

« Ça fait 13 jours qu’elle attend »

À Québec, l’augmentation des cas semble avoir des répercussions sur le temps d’attente pour les résultats aux tests de dépistage. Denis Boulanger, résidant de la capitale, a attendu sept jours avant d’avoir le sien.

L’homme avait été en contact avec sa mère à la résidence Place Alexandra. Peu après sa visite, la Santé publique a annoncé qu’une éclosion de COVID-19 avait lieu entre ces murs.

« Je suis allé voir ma mère au cinquième étage, où 60 % des résidants sont infectés », dit-il. Sa mère a d’ailleurs contracté la maladie, mais se porte bien.

Il est rapidement allé subir un test de dépistage. Il croyait que vu les circonstances, le résultat lui serait vite acheminé. Il a attendu une semaine avant de recevoir l’appel. Il était négatif.

J’ai peur que si les gens n’ont pas leur résultat après 48 heures, ils vont se dire qu’ils sont négatifs et reprendre leurs occupations.

Denis Boulanger, résidant de Québec

Josée Roberge raconte quant à elle que sa fille, qui travaille dans une résidence pour personnes âgées, présentait des symptômes de rhume. Elle est allée passer un test de dépistage.

Après neuf jours d’attente, elle a finalement reçu un appel pour lui dire que son test avait été perdu. « Elle en a repassé un. Et là, ça fait quatre jours et elle n’a pas encore reçu le résultat, se désole Mme Roberge. Ça fait donc 13 jours qu’elle attend ! »

« Ma fille a perdu confiance dans le système au complet. Elle me dit : ‟moi, je ne passe plus de test !” »

Le fils de Claudie Méthot, qui est en quatrième année, a quant à lui manqué une semaine d’école.

Exaspérée et inquiète à l’idée qu’il manque une deuxième semaine, la mère a appelé trois fois le CIUSSS pour tenter d’obtenir le résultat. Elle l’a reçu dimanche, près d’une semaine après le test de dépistage.

« J’ai parlé à une secrétaire au bureau administratif du CIUSSS. Elle m’a dit qu’en une heure, une infirmière arrivait à appeler 40 personnes, mais que seulement 10 répondaient, explique Mme Méthot. Mais ils ne laissent pas de message. Alors ils doivent rappeler deux, trois fois. La pile, elle, ne diminue pas rapidement… Et les résultats continuent d’entrer. »

Annie Ouellet, porte-parole du CIUSSS de la Capitale-Nationale, explique que les cas positifs sont mis en priorité. « Les résultats des personnes positives sont normalement donnés en 24 à 48 heures. Mais il y a un temps d’attente pour les personnes négatives », dit-elle.

Ce temps d’attente varie en fonction de plusieurs facteurs. La hausse importante du nombre de tests dans les derniers jours a certainement joué. « On est à environ 2000 tests par jour depuis plus d’une semaine, rappelle Mme Ouellet. Ça fait pas mal de tests. En fonction de la priorisation et de l’achalandage, ça peut influencer le temps d’attente. »

Trois régions sous tension

Les cas de COVID-19 continuent de progresser rapidement à Québec et sur sa rive sud. Les 60 nouveaux cas dans la Capitale-Nationale représentent un sommet.

« La hausse des cas d’aujourd’hui est reliée à des rassemblements qui ont eu lieu lors de notre longue fin de semaine et aux regroupements d’étudiants lors de la rentrée scolaire », explique le DJacques Girard, directeur de santé publique par intérim au CIUSSS de la Capitale-Nationale.

Dans Chaudière-Appalaches, un « record » a aussi été battu, avec 32 nouveaux cas en 24 heures. Une éclosion dans la ressource d’hébergement Le Crystal, à Thetford Mines, a détérioré le bilan, avec 15 nouveaux cas. Au total, ce sont 33 résidants et travailleurs de l’endroit qui ont été infectés.

« Considérant les besoins élevés de dépistage », le CISSS de Chaudière-Appalaches a annoncé son intention d’ouvrir bientôt « une clinique de dépistage massif » à Lévis.

La région du Bas-Saint-Laurent est quant à elle passée de 79 à 182 cas en cinq jours, avec 23 nouveaux cas uniquement lundi. Des éclosions ont notamment eu lieu à la suite de fêtes étudiantes à La Pocatière. Le cégep du même nom a d’ailleurs suspendu ses cours en personne jusqu’au 24 septembre.

À Rimouski, des cas ont été recensés au restaurant Le Shaker, qui a fermé ses portes pour quelques jours.

Le gouvernement rapportait 276 nouveaux cas lundi pour l’ensemble du Québec. Il n’y avait aucun nouveau décès.