La mairesse de Montréal a tiré à boulets rouges sur les centaines de manifestants anti-masques qui ont défilé à visage découvert, samedi, dans les rues de la métropole.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

Leur discours et leur comportement remettent en cause les efforts de toute la population pour lutter contre le virus, a-t-elle fait valoir dans un point de presse tenu lundi après-midi devant l’hôtel de ville de Montréal.

Valérie Plante a été renversée par les images qu’elle a vues à la télévision, au point d’en avoir « peur ». « Ça me dépasse. Je ne comprends pas, a-t-elle dit. On peut ne pas être d’accord, à la limite, mais de là à faire une manifestation où on n’a pas de masques… »

La mairesse s’inquiète notamment pour les potentielles conséquences directes de l’évènement.

Après, ces gens-là vont chez eux, peut-être qu’ils ont des enfants qui vont à l’école, peut-être qu’ils vont souper avec des amis le soir. Je trouve ça irresponsable. Ce n’est pas de ça qu’on a besoin en ce moment. On a besoin de solidarité.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

C’est sur les réseaux sociaux que les invitations à la manifestation de samedi se sont transmises, à l’initiative d’une large palette de militants qui minimisent la gravité de la pandémie de COVID-19 et s’opposent à l’approche du gouvernement pour lutter contre celle-ci. Ces points de vue prolifèrent sur l’internet, au point d’inquiéter les autorités.

La mairesse de Montréal affirme être tombée sur des pancartes qui soulevaient la possibilité que la crise des six derniers mois soit un complot créé de toutes pièces. Elle en a été choquée.

« Je veux qu’on se rappelle qu’il y a 3500 personnes qui sont décédées [à Montréal], a-t-elle souligné. Quand je vois des affiches qui demandent si on connaît des gens qui sont morts de la COVID-19, je trouve ça particulièrement dérangeant. »

Alors qu’elle sortait d’une rencontre avec le premier ministre François Legault, Valérie Plante s’est d’ailleurs dite convaincue qu’une deuxième vague de la maladie menaçait la métropole et a affirmé faire tout en son possible pour éviter un reconfinement général.