(Québec) La police de Québec est intervenue jeudi soir dans deux bars de danseuses nues et ont surpris des clients qui profitaient d’une « danse contact » en contravention avec les directives de la santé publique.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

Les deux bars en question risquent maintenant de recevoir une amende, a expliqué vendredi Robert Pigeon, directeur du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ).

« Ce sont des comportements irresponsables. Il faut donc s’attendre que des rapports d’infractions générales soient délivrés aux tenanciers », a lâché M. Pigeon.

Les policiers de Québec ont visité six bars jeudi soir. L’intervention s’est déroulée dans un contexte où les cas de COVID-19 ont bondi depuis quelques semaines dans la Capitale-Nationale. La région est considérée comme une zone jaune, en état de préalerte.

« La majorité était conforme […] mais dans certains bars de danseuses, les clients descendent les danseuses pour des danses contact. Aucun respect du décret », a déploré le chef de police.

Le SPVQ n’a pas voulu nommer les deux bars épinglés. Mais selon lui, les établissements avaient déjà été avertis quant aux danses contact. « Les endroits qu’on a visités avaient été avisés. Ce ne sont pas des gens qui ont été pris par surprise. Ce sont des gens qui ont fait le choix de ne pas respecter le décret. »

Dans un bar de danseuses de Toronto, environ 440 clients avaient été en contact avec le virus à la mi-août. L’un des employés avait subi un test positif. Mais les autorités ont eu du mal à retracer tous les clients en question pour savoir s’ils avaient été contaminés.

C’est qu’en Ontario, comme le Québec s’apprête à le faire, les bars doivent tenir un registre des clients. Or, les deux tiers des clients du Brass Rail Strip Club n’avaient pas fourni leur nom véritable ou leur réelle adresse.

Des patrouilleurs dédiés à la COVID-19

Le SPVQ a aussi annoncé la mise en place de patrouilles dédiées au respect des règles de distanciation et au port du masque. Les policiers de Québec vont «changer de ton», a prévenu le directeur Pigeon, et il faut s'attendre selon lui «à plus de visites, plus de présence policière et plus de coercition».

Ce recadrage survient après une sortie du maire de Québec, Régis Labeaume, qui a appelé mardi la population à se ressaisir et à respecter les règles de distanciation.

Le gouvernement du Québec a également serré la vis jeudi. Dès samedi, les policiers pourront remettre un constat d’infraction aux citoyens récalcitrants qui ne portent pas le masque dans les lieux intérieurs publics. Avant, seuls les commerçants étaient passibles d’une amende.

Le SPVQ précise que les contrevenants seront d’abord invités à se conformer. « Il faut absolument demander la collaboration. Mais oui il y aura constat d’infraction pour les gens qui visiblement ne veulent pas se conformer », a précisé Robert Pigeon.

« Le maire de Québec a fait connaître sa grande préoccupation. Le premier ministre a même parlé de comportements irresponsables, dit-il. Nous sommes tout aussi préoccupés par la situation. »

Dans la région métropolitaine, le Service de police de la Ville de Montréal et celui de Laval ont indiqué qu'ils n'avaient pas l'intention de préciser leurs méthodes d'intervention. «Nous allons répondre aux demandes du gouvernement», a simplement indiqué une porte-parole de la police de Laval, une région désignée comme zone «jaune» (préalerte).

-Avec Isabelle Ducas