(Québec) Après la danse, le gouvernement Legault a décidé d’interdire le karaoké dans les bars.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

La décision survient dans la foulée d’une soirée karaoké au bar Kirouac de Québec qui a entraîné au moins 90 infections à la COVID-19 dans la région de la capitale.

La Corporation des propriétaires de bars, brasseries et tavernes du Québec a annoncé la nouvelle à ses membres jeudi. En matinée, son PDG Renaud Poulin a appris la décision du gouvernement lors d’un entretien avec la sous-ministre adjointe du ministère de la Santé et des Services sociaux, Marie-Ève Bédard. « Je ne sais pas si ça va être appliqué en fin de semaine ou la semaine prochaine, parce qu’il reste à finaliser le décret. Mais c’est officiel de toute façon. On n’a pas été consulté », a-t-il affirmé.

Selon M. Poulin, pour certains établissements, « le karaoké est une marque de commerce » et « cette décision-là sera difficile pour eux financièrement ».

Dès la semaine dernière, le directeur national de santé publique, le DHoracio Arruda, évoquait l’idée de bannir le karaoké en raison du risque de propagation du coronavirus. Selon lui, « c’est une activité qui est de même nature que la danse », une pratique qui a été proscrite dès l’annonce de la réouverture des bars le 26 juin.

« Dans les séances de karaoké, un certain engouement s’installe, les gens se mettent à chanter, accompagnent les autres, les échanges de micros… », expliquait-il. « Et vous ne me ferez pas croire qu’avec l’alcool on n’a pas tendance à trouver le deux mètres trop long. »

En conférence de presse jeudi, le premier ministre François Legault disait que « la majorité des bars font un bon travail pour respecter les consignes, mais il y en a quelques-uns qui ne font pas un bon travail, en particulier les karaokés ».

« Le ministre devrait vous revenir très rapidement avec une décision concernant les karaokés. Mais on n’hésitera pas à agir concernant les bars, mais, pour l’instant, il n’est pas question de fermer les bars à court, court terme, mais on n’exclut rien », ajoutait-il.

Québec obligera désormais les bars à tenir un registre des clients, afin de faciliter un éventuel traçage. Selon Renaud Poulin, de nombreux établissements ont déjà commencé à le faire alors que le gouvernement leur avait simplement suggéré d'appliquer cette mesure jusqu'ici.

C’est la deuxième fois que le gouvernement impose des restrictions supplémentaires aux bars depuis leur réouverture. Il annonçait le 9 juillet que les débits de boisson devaient cesser de servir de l’alcool à minuit et fermer leurs portes à 1 h. La décision était survenue à la suite de débordements dans certains établissements.

Au sujet de la soirée karaoké du bar Kirouac, « un total cumulé de 72 cas sont actuellement confirmés », indiquait le CIUSSS de la Capitale-nationale jeudi. Ils ont généré 18 cas secondaires dans la communauté, notamment dans quatre écoles de la région, précisait-il plus tôt cette semaine.