Toutes les activités du cégep de La Pocatière sont suspendues jusqu’au 24 septembre, a annoncé l’établissement tard mercredi soir. Une dizaine de personnes qui ont reçu un résultat positif de COVID-19 plus tôt dans la journée avaient participé à des partys étudiants, dont l’un qui aurait rassemblé une centaine de fêtards. La Santé publique s’attend à ce que le nombre de cas positifs soit beaucoup plus élevé.

Publié le 9 sept. 2020
Audrey Ruel-Manseau
Audrey Ruel-Manseau La Presse
Johanne fournier Collaboration spéciale

« À la suite de cas positifs à la COVID-19 annoncés par la Santé publique au sein des communautés étudiantes collégiales de La Pocatière, et sur leur recommandation, notre Cégep (à La Pocatière seulement) suspend, dès maintenant, toutes les activités pédagogiques et parascolaires qui devaient être offertes en présence, et ce, jusqu’au 24 septembre inclusivement », a indiqué, sur sa page Facebook, l’établissement fréquenté par un millier d’élèves.

Les cours ne sont toutefois pas suspendus et se poursuivront de façon virtuelle.

Les fêtes auraient eu lieu au cégep de La Pocatière et à l’Institut de technologie agroalimentaire (ITA), campus de La Pocatière. Les personnes infectées auraient aussi fréquenté des bars du Kamouraska et de Rivière-du-Loup. D’autres individus ont possiblement été contaminés, estime la Direction de santé publique du Bas-Saint-Laurent, qui s’attend à davantage de résultats positifs dans les jours à venir.

« Ça ne va pas s’arrêter à 10. On a fait des dépistages préventifs et on est encore en attente de résultats pour d’autres étudiants. On s’attend à avoir un nombre plus important », avance Ariane Doucet-Michaud, porte-parole du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent.

Seulement dans la journée de mardi, 500 tests ont été réalisés dans le Bas-Saint-Laurent, du jamais-vu dans la région depuis le début de la pandémie, selon Mme Doucet-Michaud.

Appel au dépistage

Le directeur de santé publique lance un appel auprès de toutes les personnes qui ont fréquenté des fêtes étudiantes et des bars du Kamouraska au cours des 10 derniers jours à subir un test de dépistage. « Notre équipe de la santé publique réalise présentement les enquêtes épidémiologiques afin de retracer l’ensemble des cas contacts, indique le DSylvain Leduc. Je réitère la nécessaire collaboration de tous aux enquêtes pour limiter rapidement cette éclosion avant qu’elle n’atteigne les groupes vulnérables de notre communauté. » Il rappelle que toutes les personnes en attente d’un résultat et qui présentent des symptômes de la COVID-19 ou qui ont reçu des consignes d’isolement doivent s’abstenir de participer à tout rassemblement et respecter les mesures sanitaires.

« On demande la collaboration des gens parce qu’on a une information très parcellaire, insiste Mme Doucet-Michaud. Ce qu’on sait, c’est qu’il y aurait eu plusieurs fêtes dans la période du 30 août au 6 septembre. On se retrouve avec des gens qui ont fait la tournée des bars et qui sont allés à une fête, puis à une autre. Ce sont des rassemblements privés dans la région de La Pocatière qui ont vraiment débordé. »

Par ailleurs, plusieurs de ces élèves sont retournés dans leur famille pendant la longue fin de semaine de la fête du Travail, et certains auraient participé à d’autres rassemblements, dont une élève qui raconte avoir pris part à une épluchette de blé d’Inde dans une ferme. Par conséquent, la jeune femme, qui désire garder l’anonymat, a été placée en isolement. Cependant, comme les résidants de l’ITA vivent dans des logements partagés par quatre colocataires, elle cohabite avec deux élèves qui ont contracté le virus.