Le comité exécutif de la Ville de Montréal pourrait renouveler l’état d’urgence jusqu’au 30 septembre prochain afin d’avoir les coudées franches pour faire face à une éventuelle résurgence de la pandémie.

Véronique Lauzon
Véronique Lauzon La Presse

Le Centre de sécurité civile de Montréal a demandé vendredi matin au comité exécutif de renouveler l’état d’urgence pour un mois, soit jusqu'au 30 septembre. Parmi les raisons évoquées, il y a « le niveau de risque quant à la possibilité d’une deuxième vague », et ce, dans un contexte particulier : rentrée scolaire, absence d’un vaccin et poursuite du déconfinement.

La rentrée scolaire a tendance à « faire exploser » la contamination liée à plusieurs virus à la fois, a expliqué Annick Maletto, chef de section du Centre de sécurité civile de Montréal, lors d’une séance extraordinaire du comité exécutif, vendredi matin. Il s’agit de l’élément le plus difficile à prévoir et « le plus inquiétant », a-t-elle ajouté.

Valérie Plante a rebondi sur la demande de Mme Maletto pour faire à son tour un plaidoyer pour la poursuite de l’état d’urgence, qui lui permet entre autres d’agir sans passer par le conseil municipal pour implanter des mesures comme les corridors sanitaires. « Montréal entre dans la deuxième phase d’intervention de la lutte que nous menons contre le coronavirus », a-t-elle fait valoir.

Pour se préparer à « affronter une deuxième vague », cette mesure d’exception est de mise, a expliqué la mairesse. « L’état d’urgence nous a permis une agilité, une rapidité d’action pour faire face à une situation exceptionnelle. Ça nous a également permis de prendre d’importantes mesures qui n’auraient pas été réalisées adéquatement ou si rapidement dans le cadre des règles de fonctionnement habituel. »

La mairesse a donné quelques exemples où les autorités se sont impliquées « corps et âme » depuis le début de la pandémie, notamment dans son intervention à l’aéroport de Montréal, le port du masque dans les espaces fermés et les transports en commun, l’ouverture de site d’urgence pour les personnes en situation d’itinérance et la sauvegarde des camps d’été.

Le chef de l’opposition officielle, Lionel Perez, a indiqué en entrevue qu’il pourrait s’opposer au renouvellement, lundi prochain, lors du conseil municipal extraordinaire. « C’était évident au début de la crise que la Ville nécessitait qu’on lui donne des pouvoirs exceptionnels. Mais l’administration ne nous a pas démontré qu’elle les a bien utilisés », juge-t-il.

« L’administration s’est servie de la pandémie pour faire avancer son agenda politique comme ses pistes cyclables et ses corridors sanitaires », lance M. Perez, qui souhaite qu’elle réponde à des questions de l’opposition avant de décider s’il s’opposera ou pas au renouvellement de l’état d’urgence local.

La Loi sur la sécurité civile impose le comité exécutif à renouveler l’état d’urgence pour une période de 5 jours maximum. Depuis que la mairesse de Montréal a déclaré l’état d’urgence local le 27 mars, le comité exécutif l’a renouvelé 33 fois.

À Montréal, la COVID-19 a fait 3465 décès et il y a eu 29 638 cas confirmés.