La Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) a convoqué le propriétaire de la Pizzeria Moretti, située sur la rue Wellington, à Montréal, en audience d’urgence lundi matin, après que des policiers ont constaté et entendu de nombreux manquements aux règles de santé publique reliées à la COVID-19.

Ariane Krol
Ariane Krol La Presse

Les problèmes dénoncés par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) s’échelonnent sur deux périodes, soit du 8 au 17 mai, durant le confinement, et du 11 juillet au 18 août.

Les premiers rapports d’infraction ont été remis le soir du 8 mai, à l’entreprise et à des personnes rassemblées sur place, alors que les salles à manger étaient fermées et les rassemblements interdits depuis plus de deux semaines, indique l’avis de convocation de la Régie.

Des rassemblements de trois à quatre personnes sans distanciation physique ont aussi été constatés par le SPVM les 12 et 17 mai.

Une douzaine d’autres évènements ont ensuite été documentés à partir du 11 juillet.

La police est notamment intervenue dans une bagarre nocturne où « un homme criminalisé, violent […] a empoigné et pris une employée comme bouclier humain pour pouvoir fuir ». Au terme d’une poursuite à pied, l’individu, qui n’est pas nommé, a été maîtrisé avec une arme à impulsion électrique de type Taser et mis en état d’arrestation pour voies de fait.

Des cas de COVID-19 parmi le personnel ont aussi fait l’objet de plaintes. Selon les informations reçues par la police, les employés auraient été informés du résultat positif d’un gérant cinq jours après son absence, et certains auraient refusé de se faire tester.

Les policiers disent aussi avoir vu plusieurs employés (dont des cuisiniers et le gérant) ainsi que des clients sans masque sur le visage, et observé de multiples manquements aux règles de distanciation physique.

Une convocation d’urgence à une audience est une procédure rare, utilisée « lorsque la sécurité ou la santé du public est mise en danger », précise la porte-parole de la Régie, MJoyce Tremblay.

Les régisseurs qui entendront les allégations peuvent décider de suspendre le permis sur-le-champ, en attendant que le dossier soit entendu sur le fond.

Pas un cas unique

Le propriétaire de la pizzeria Moretti, Nicola Monaco, n’a pas pu être joint à son établissement vendredi après-midi.

Il n’a pas non plus été possible de confirmer auprès de la Santé publique de Montréal si une éclosion avait été enregistrée dans cet établissement ni combien de cas y seraient reliés.

Deux autres établissements de la région ont été fermés pour avoir fait fi des mesures de prévention de la COVID-19 depuis le printemps.

Le café Bellerose, de Laval, a d’abord vu ses permis d’alcool et sa licence de café suspendus à partir de la mi-mai pour non-respect des règles de distanciation physique durant le confinement, puis pour 20 jours supplémentaires à la fin de juillet.

Le bar Mondo, de Saint-Jérôme, a été fermé d’urgence à la mi-juillet, et pour 20 jours supplémentaires à la fin du mois, après que les policiers ont constaté une absence de distanciation physique, y compris sur la piste de danse, espace dont l’utilisation est pourtant interdite par les règles sanitaires.