La mairesse de Montréal, Valérie Plante, juge « préoccupantes » les images du millier de fêtards qui ont dansé, entassés et sans masque, sur le mont Royal dimanche. Elle promet de rencontrer la Santé publique et les policiers de Montréal pour « s’assurer que de telles situations ne se reproduisent pas ».

Émilie Bilodeau
Émilie Bilodeau La Presse

« Les images rapportées de l’évènement de dimanche sont préoccupantes au plus haut point. On observe un manque de distanciation et de respect des consignes de santé publique », a affirmé Mme Plante, dans une déclaration écrite.

Dimanche, plusieurs centaines de personnes ont participé à un évènement en soutien au mouvement Black Lives Matter et à la communauté LGBT. Les organisateurs, Occupy the Hood, s’attendaient à ce qu’environ 250 personnes assistent à la manifestation, ont-ils dit à La Presse. Une semaine auparavant, ils avaient pourtant partagé une invitation sur les réseaux sociaux annonçant la présence de six DJ, dont certains connus des amateurs de musique techno.

La mairesse Valérie Plante a rappelé l’importance de respecter les règles sanitaires afin de contenir le virus. « Pour maintenir l’équilibre actuel qui permet à la population de profiter d’un déconfinement en toute sécurité, je rappelle l’importance que tous et toutes se conforment aux règles, peu importe le type d’évènement ou le contexte. »

De son côté, le ministère de la Santé évalue « sérieusement » la possibilité d’imposer des amendes aux organisateurs d’évènements comme celui qui a eu lieu sur la montagne, cette fin de semaine. « Même si les manifestants sont dans leurs droits, nous croyons qu’il est inacceptable de mettre en danger la population en ne respectant pas les consignes de la Santé publique », a déclaré Marjaurie Côté-Boileau, l’attachée de presse du ministre Christian Dubé.

« Nous dénonçons sans équivoque ce genre de déraillement. C’est non seulement irresponsable, mais dangereux, car ça vient compromettre tous les efforts que les Québécois ont investis ces derniers mois et ça met en danger l’ensemble de la population », a-t-elle ajouté.

Le ministère de la Santé encourage d’ailleurs tous ceux qui ont participé à la manifestation dimanche à se soumettre à un test de dépistage de la COVID-19.

Pas de plainte

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) affirme qu’il n’a reçu aucune plainte de citoyens concernant les fêtards qui dansaient sur le mont Royal au su et au vu de tous. La fête a débuté vers 14 h, puis s’est terminée en début de soirée. Avant d’intervenir dans un évènement de masse, dit l’inspecteur André Durocher, « il y a une multitude de facteurs à prendre en compte ».

« Lorsqu’on intervient dans une manifestation, ça ne doit pas provoquer des conséquences plus graves que l’intervention pour laquelle on est appelé », explique-t-il.

L’inspecteur affirme que les participants se sont d’abord rassemblés pour une manifestation en soutien à Black Lives Matter et aux personnes LGBT. « Les gens avaient commencé à quitter [les lieux], puis se sont finalement installés pour faire le party avec [six] DJ », dit-il.

Une DJ invitée à l’évènement a rapporté qu’environ 2000 personnes se trouvaient sur les lieux entre 16 h et 17 h. Une minorité respectaient les consignes sanitaires.

Les policiers étaient présents sur le mont Royal, dimanche, mais ils sont restés en retrait du rassemblement. L’un d’entre eux, qui n’est pas autorisé à parler aux médias, a déploré que les interventions ne soient pas les mêmes dans les rassemblements publics et les résidences privées. Pour intervenir dans un rassemblement, les policiers doivent obtenir le feu vert de leurs patrons, affirme-t-il.

« C’est deux poids, deux mesures. Dans les maisons, c’est tolérance zéro. On répond à des appels et on doit remettre des constats. Mais dans des rassemblements comme ça, vu que la chaleur est trop forte, on doit rester en retrait », dit-il.

Un autre policier estime pour sa part que la loi est difficile à faire respecter. « Il devient très difficile de faire appliquer le règlement, compte tenu des règles qui sont très complexes. Dans un groupe, est-ce que les personnes sont de la même famille ou non ? Vivent-ils à la même adresse ? L’application devient très difficile sur le terrain », a soulevé ce policier.