(Québec) Les partis d’opposition ont questionné mercredi François Legault sur sa gestion de la pandémie de COVID-19, tentant notamment de savoir si son gouvernement s’était préparé à une telle crise avant le mois de mars, alors que la situation commençait à dégénérer au Québec.

Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse

La cheffe de l’opposition officielle, la libérale Dominique Anglade, a affirmé que le premier ministre aurait dû poser des questions plus rapidement aux différents responsables de santé publique de la province dès que les premiers cas de citoyens infectés au coronavirus ont commencé à être déclarés à l’extérieur de la Chine.

« La cheffe de l’opposition essaie de réécrire l’histoire, mais ni elle ni moi n’avions l’idée avant le mois de mars de l’ampleur que prendrait la pandémie », a répliqué M. Legault au Salon rouge de l’Assemblée nationale.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

La cheffe du PLQ, Dominique Anglade

Mme Anglade a aussi demandé pourquoi le premier ministre avait changé de ministre de la Santé en pleine pandémie, envoyant Danielle McCann à la tête de l’Enseignement supérieur pour la remplacer par l’ancien président du Conseil du trésor, Christian Dubé.

« Je pense que la cheffe de l’opposition officielle ne s’imagine pas concrètement ce qu’on a vécu depuis le début du mois de mars. C’était 7 jours sur 7, un feu roulant de tôt le matin jusqu’à tard le soir. J’ai pensé qu’on avait besoin d’un nouveau souffle à la Santé parce qu’il faut se préparer à une deuxième vague […]. La seule raison pourquoi j’ai changé la ministre de la Santé, c’est pour donner un nouveau souffle », a répondu M. Legault.

A-t-on manqué d’équipement de protection ?

La cheffe de Québec solidaire, Manon Massé, a quant à elle demandé à François Legault de reconnaître que des employés du système de santé, que ce soit en CHSLD ou dans les hôpitaux, ont manqué d’équipement de protection individuelle (comme les masques, les blouses et les gants, entre autres).

« Je reconnais que dans certains établissements, [certains] n’ont pas levé la main pour dire qu’il manquait d’équipement, [notamment] parce que le Parti libéral avait coupé dans les CHSLD. Ça a créé un problème. Mais tous les CHSLD qui demandaient de l’équipement, ils la recevaient la journée même et au total, on n’en a jamais manqué », a plaidé le premier ministre.

Le chef par intérim du Parti québécois, Pascal Bérubé, a pour sa part demandé à François Legault de dévoiler les avis qui ont été donnés par le directeur national de Santé publique, DHoracio Arruda, tout au long de la première vague de COVID-19. Le premier ministre a répondu que ces avis étaient souvent donnés de façon verbale, le matin, et qu’il les avait tous suivis.

M. Bérubé a ensuite demandé à M. Legault s’il allait permettre à DArruda de rester à Montréal, épicentre de la pandémie de COVID-19 au Canada, advenant une forte deuxième vague de contagion cet automne. En entrevue à La Presse en mai dernier, la directrice de santé publique de Montréal, Dre Mylène Drouin, avait affirmé que la crise aurait dû être gérée de Montréal plutôt que de Québec.

« Le siège de notre gouvernement est à Québec. Il n’est pas à Montréal. Il est à Québec. Les personnes qui sont responsables des différents ministères sont à Québec. Donc que la cellule de crise ait été installée à Québec plutôt qu’à Montréal, je vis bien avec ça », a répondu M. Legault.