Une cinquantaine de cas de COVID-19 ont été diagnostiqués dans les écoles primaires de la province, le printemps dernier. Des classes entières ont parfois été renvoyées à la maison pour prévenir la propagation du virus. D’autres fois, des élèves ont pu continuer à se rendre à l’école. Comme quoi il n’existe pas de recette miracle pour contenir l’épidémie dans le milieu scolaire.

Émilie Bilodeau Émilie Bilodeau
La Presse

L’école de l’Orée-des-Bois, en Outaouais, a été l’un des premiers établissements aux prises avec un cas de COVID-19 parmi ses élèves quelques jours après la réouverture des écoles primaires, en mai. « Disons qu’on a été un modèle pour d’autres écoles », souligne Christian Laforest, secrétaire général du Centre de services scolaire des Draveurs. Il s’agit du seul cas de COVID-19 dans les écoles de ce centre de services.

Un parent a joint l’école de la municipalité de Cantley, le 16 mai, pour annoncer que son enfant avait reçu un diagnostic positif à la COVID-19. Il n’a pas commencé à souffrir de symptômes subitement, en pleine classe.

« À partir du moment où on a un cas positif, on doit suivre les directives de la Santé publique. Dans le cas qui nous intéresse, l’enquête épidémiologique a été menée très rapidement », explique M. Laforest.

Les parents des élèves de la classe touchée ont été joints le jour même. L’école a aussi répondu à des questions pour établir avec qui l’élève [malade] avait pu être en contact.

Christian Laforest, secrétaire général du Centre de services scolaire des Draveurs

La Santé publique n’a pas exigé que l’école de l’Orée-des-Bois ferme ses portes pour prévenir la propagation du virus ou renvoie à la maison les camarades de classe de l’élève touché par la COVID-19. « Il faut se remettre en contexte. On était au début de la réouverture. Il n’y avait que 11 élèves dans la classe. La fréquentation de l’école n’était pas obligatoire. Ça nous a facilité la tâche », convient M. Laforest.

« Les mesures sanitaires étaient très appliquées. Les bureaux étaient à deux mètres de distance les uns des autres. Les élèves n’avaient pas de contacts rapprochés entre eux. La Santé publique a donc confirmé que les risques étaient faibles pour les autres enfants du groupe et de l’école », poursuit M. Laforest.

L’école de l’Orée-des-Bois a fait parvenir une lettre à tous les parents pour les informer qu’un enfant de l’école, sans l’identifier, avait reçu un résultat positif à un test de dépistage de la COVID-19. Dans son annonce lundi, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a d’ailleurs indiqué que cette façon de faire allait devenir obligatoire pour toutes les écoles, dès la rentrée.

« C’était une grosse pratique pour cette rentrée. Ce sont tous des éléments qu’on va reconduire à l’automne », dit M. Laforest.

Classes fermées, dépistage de masse

Une semaine après le retour en classe, l’école Saint-Paul, à Trois-Rivières, a été mise au courant qu’un élève avait reçu un diagnostic positif à la COVID-19. « C’était notre premier cas dans une école de notre centre de services. À notre demande, la Santé publique a testé tout le personnel et tous les élèves de l’école. Mais par la suite, dans nos autres écoles où on a recensé des cas, il n’y a pas eu de tests à grande échelle », souligne Anne-Marie Bellerose, conseillère en communication du Centre de services scolaire du Chemin-du-Roy. Deux membres du personnel et quatre élèves de l’école Saint-Paul ont finalement reçu un diagnostic positif.

L’école Louis-de-France, aussi à Trois-Rivières, a quant à elle recensé 12 cas : 2 parmi les membres du personnel et 10 chez les élèves, dont 9 étaient dans la même classe ; le 10e avait un frère ou une sœur dans le groupe visé par l’éclosion. Puis, deux autres écoles du Centre de services du Chemin-du-Roy ont été touchées par un cas de COVID-19.

« Dans tous les cas, quand on apprenait qu’on avait un cas, on fermait la classe pour 14 jours. Ç’a été fait dans nos quatre écoles », dit Mme Bellerose.

« Notre système de nettoyage est plus important depuis le retour à l’école, mais disons que la désinfection a été encore plus accrue où on a détecté des cas », ajoute-t-elle.