Malgré une période d’accalmie au Québec, le milieu de la santé s’attend à une deuxième vague de COVID-19. Pour s’y préparer, le CISSS de Laval a mis en place une certification pour tous ses employés qui doivent porter un équipement de protection. La Presse a assisté à cette formation à l’hôpital de la Cité-de-la-Santé.

Mayssa Ferah
Mayssa Ferah La Presse

Depuis trois semaines, le CISSS de Laval offre à ses travailleurs une Certification de port et retrait de l’équipement de protection individuelle (EPI) et hygiène des mains (HDM).

« C’est une initiative locale. On est comme une unité mobile qui se promène dans tous les secteurs de l’hôpital pour s’assurer que tous nos collègues savent comment se protéger. On a créé cette certification en vue d’une deuxième vague de COVID-19 », indique Frédérique Lamoureux-Pelletier, cheffe adjointe en prévention et contrôle des infections de l’hôpital lavallois.

Formés en prévention et contrôle des infections début avril, Philippe Harfouche et Andreea Belecciu sont venus à la rescousse du système de santé via la plateforme Je contribue !. Ils s’occupaient jeudi de la certification. Une centaine d’autres coachs en EPI ont été formés depuis le début de la pandémie sur le territoire du CISSS de Laval.

Nadia Akoubian, une préposée au sourire timide, est venue parfaire ses connaissances jeudi midi.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Depuis trois semaines, le CISSS de Laval offre à ses travailleurs une Certification de port et retrait de l’équipement de protection individuelle et hygiène des mains.

On débute avec la technique de lavage de mains. « Première étape : déloger la saleté en dessous des ongles », explique Philippe Harfouche en grattant sa paume badigeonnée de gel hydroalcoolique. On passe ensuite quelques secondes à frotter les espaces entre les doigts, pour continuer avec le revers de la main, puis les pouces. On termine avec les poignets, un détail « super important », insiste l’instructeur. Vingt secondes plus tard, nos mains sont désinfectées.

Une visite dans la chambre d’un patient peut être ponctuée d’au moins quatre lavages des mains. On répète la procédure chaque fois qu’on touche un objet ou une surface. Avant d’enfiler sa blouse d’hôpital ? Lavage des mains. Après l’avoir retirée ? Lavage des mains aussi.

Quoi faire… ou ne pas faire

Pour retirer sa paire de gants, c’est toute une paire de manches. « C’est l’étape où on se contamine le plus », révèle Andreea Belecciu. Il faut éviter d’entrer en contact avec l’intérieur du gant… puis se laver les mains.

Pour manger ou boire de l’eau, beaucoup de gens retirent leur masque en le baissant dans le cou. Certains le laissent pendre à une oreille. Deux habitudes à éviter, explique la formatrice.

Pour retirer son masque en toute sécurité, on le saisit par les cordons avec des mains propres sans en toucher l’intérieur ni l’extérieur. On le pose sur un essuie-tout, pour ensuite le recouvrir d’un deuxième essuie-tout. « Avec les deux papiers, on peut le transporter sans que rien le touche », poursuit la coach.

Le bonnet est l’un des équipements de protection individuelle les plus susceptibles d’être contaminés pendant la journée.

On déconseille de placer nos lunettes de protection près du bonnet. Et on se lave les cheveux le plus souvent possible.

Philippe Harfouche, formateur au CISSS de Laval

Les bagues, bijoux, montres et colliers deviennent vite des vecteurs du virus. « Idéalement, on n’en porte pas dans les milieux de soin », poursuit le coach.

Les gants procurent « une fausse sécurité », dit Andreea Belecciu. Pour le démontrer, on répand une poudre qui se comporte comme un microbe sur ses gants. Parce qu’ils ne sont pas complètement étanches, un résidu de poudre persiste sur son doigt. « Seul le lavage des mains vient neutraliser le virus à la source. Le gant n’est pas une protection absolue. Il y a beaucoup d’enseignement à faire à ce sujet parmi la population. »

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LAPRESSE

Les gants procurent « une fausse sécurité », dit Andreea Belecciu. Pour le démontrer, on répand une poudre qui se comporte comme un microbe sur ses gants. Parce qu’ils ne sont pas complètement étanches, un résidu de poudre persiste sur son doigt.

« Les coachs en EPI nous ont beaucoup aidés. On veut minimiser le risque de transmission et éviter des éclosions dans les unités si une deuxième vague survient », explique Marie-Josée Tardif, conseillère en prévention et contrôle des infections au CISSS de Laval. Plus de 600 personnes ont été formées jusqu’à présent.

Aucun décès, 133 nouveaux cas

Même si le bilan de jeudi n’affiche aucun décès et fait état d’une légère baisse du nombre d’hospitalisations, le Québec n’est pas à l’abri d’une résurgence de la COVID-19.

On comptait 165 patients hospitalisés, deux de moins que la veille. Parmi eux, 19 se trouvaient aux soins intensifs.

On signale au Québec 133 nouveaux cas confirmés, portant le total des contaminations à 60 133 personnes.