(Ottawa) Il devait y avoir mercredi 900 employés formés par la Croix-Rouge à l’œuvre dans les CHSLD pour venir en renfort dans la lutte contre la COVID-19. En date du 27 juillet, ils n’étaient cependant que 160 sur le terrain. Selon Ottawa, s’ils sont si peu nombreux, c’est que la demande n’est tout simplement pas au rendez-vous.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

Le gouvernement Trudeau avait choisi de faire appel aux services de la Croix-Rouge afin de remplacer les quelque 1400 membres des Forces armées canadiennes qui avaient été déployés au printemps dernier dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD).

Il s’agissait là de la réponse à la demande insistante du besoin « de bras » émanant du premier ministre François Legault, qui priait le fédéral de prolonger jusqu’au 15 septembre la mission militaire mise sur pied dans le cadre de la lutte contre la COVID-19, qui a fait des ravages dans ces centres de soins.

Le 26 juin dernier, le premier ministre Justin Trudeau avait annoncé que 900 personnes recrutées par la Croix-Rouge seraient à pied d’œuvre le 29 juillet. À la lumière des chiffres fournis mercredi par l’organisme, on est loin d’avoir atteint ce niveau.

Car selon ce qu’a indiqué à La Presse la directrice des communications de la Croix-Rouge, Carole Du Sault, 160 personnes étaient à l’ouvrage en date du 27 juillet, soit lundi dernier, et d’ici la fin de la semaine, environ 75 de plus devraient venir gonfler les rangs.

La banque de personnel est toutefois bien garnie : 957 candidatures ont été approuvées, dont 700 personnes ont été formées. Le déploiement pourrait « s’accélérer » dans les prochaines semaines, et pas seulement à Montréal — la région de la Capitale-Nationale a manifesté un intérêt à en recevoir, a affirmé Mme Du Sault.

Le hic, c’est que la fin prévue du programme, soit le 15 septembre, pointe à l’horizon : il ne reste plus que sept semaines environ, et le mandat des recrues de la Croix-Rouge, dont le travail est rémunéré, est de quatre semaines.

La représentante de la Croix-Rouge n’a pas voulu se prononcer sur l’impact que cela pourrait avoir. « Notre but, c’est d’être prêts. Il nous reste plusieurs semaines. Le mandat aura-t-il évolué, sera-t-il prolongé ? Cela fait partie de notre dynamique », a affirmé Carole Du Sault à l’autre bout du fil, mercredi.

Pas assez de demandes ?

Une source au cabinet du ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair, a fait valoir que le nombre de personnes qui sont actuellement sur le terrain est en adéquation avec les besoins qui sont communiqués par le ministère de la Santé du Québec.

« Il n’y a plus de zone rouge ; notre compréhension, c’est que la demande n’est tout simplement pas là. Mais on s’assure que cela reste sous contrôle », a soutenu cette source.

Au cabinet de François Legault, le porte-parole Ewan Sauves a plaidé que « la grande majorité des milieux de vie pour personnes âgées est sous contrôle », mais qu’il y a « encore quelques établissements où la situation est plus difficile et qui nécessitent l’aide de la Croix-Rouge, principalement à Montréal ».

Qui plus est, le gouvernement fédéral « nous a assuré que des effectifs sont disponibles et prêts à être déployés dans nos CHSLD tant que la pandémie ne sera pas résorbée dans son ensemble », a noté Ewan Sauves.

Mais à la mi-septembre, on aura droit à de nouveaux renforts dans le réseau, car près de 10 000 nouveaux préposés devraient arriver avec leur bagage de formation en CHSLD. « Ça nous aidera grandement à atténuer les effets d’une deuxième vague », a indiqué M. Sauves dans un courriel transmis à La Presse.