L’impossibilité d’abandonner leur bateau à quelques jours d’avis a causé des maux de tête à bien des plaisanciers québécois, dont Marlène Tremblay et Jocelyn Moreau, coincés dans les Caraïbes depuis plus de quatre mois.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

Le couple devrait enfin pouvoir revenir au bercail ces jours-ci, après des semaines de navigation à vue dans un océan de complications administratives.

Mi-mars, lorsque Justin Trudeau a demandé aux Canadiens de rentrer au pays de toute urgence devant la fermeture en série des frontières internationale, les retraités se trouvaient comme chaque hiver à bord de leur Galdi, voilier de 45 pieds. Impossible de laisser le bateau en Guadeloupe, où ils se trouvaient, puisque la zone est sujette aux ouragans plus tard dans l’année.

« On serait partis avec les vols de rapatriement, mais on ne pouvait pas », a expliqué Mme Tremblay en entrevue téléphonique avec La Presse, cette semaine. « Le 16 mars, on ne pouvait plus se promener dans les îles, on ne pouvait plus sortir de la Guadeloupe. »

Depuis, le couple est coincé dans la région, où chaque île impose ses propres conditions d’entrée et de confinement aux voyageurs et où les moyens de transport ont été décimés. Ils sont à Grenade depuis la fin de mai, où ils ont pu faire remiser leur voilier pour tenter de trouver un vol vers le Canada.

« Prison dorée »

Mme Tremblay sait bien que sa situation – coincée dans une région paradisiaque du globe – peut avoir l’air enviable. Mais même au soleil, le temps se fait long, a-t-elle souligné.

« C’est comme une prison dorée, a-t-elle témoigné. On est pris à un endroit où on ne peut pas dire qu’on est mal, mais on se sent privés de soutien pour revenir chez nous et être dans notre communauté. On ne sent pas de soutien. »

Être confinés sur un bateau pendant des mois, ce n’est pas grand. [On a] l’impression d’être pris.

Marlène Tremblay

Le manque de soutien évoqué par Mme Tremblay est celui des représentations diplomatiques du Canada dans la région, après que les vols d’évacuation se sont terminés. M. Moreau et elle déplorent de ne pas avoir accès à de l’aide ou à des informations claires.

« Affaires mondiales Canada est pleinement conscient de la situation très stressante à laquelle de nombreux Canadiens à l’étranger sont actuellement confrontés en raison de la crise de la COVID-19 », a répondu Ottawa dans un courriel à La Presse. « Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour leur apporter une aide dans ces circonstances sans précédent. » Plus de 55 000 Canadiens ont été rapatriés par des vols spéciaux depuis le début de la pandémie.

Les deux plaisanciers ont maintenant un vol prévu de la Grenade jusqu’à la Barbade cette fin de semaine, suivi d’un vol vers le Canada. Ils espèrent toutefois que la tempête tropicale Gonzalo, alignée sur le sud des Caraïbes, n’entraîne pas d’annulation de vols. Deux de leurs vols de retour vers le Canada ont déjà été annulés.