La COVID-19 a frappé cinq camps de jour de la Montérégie ces derniers jours. La Santé publique soupçonne les animateurs dans la vingtaine d’être la source de certaines éclosions qui ont touché des enfants.

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

Ariane Krol Ariane Krol
La Presse

La Direction régionale de santé publique de la Montérégie confirme que cinq camps de jour ont été récemment touchés par le coronavirus sur son territoire et que trois d’entre eux composent avec une éclosion.

Le camp qui inquiète le plus les autorités est le camp de jour Charlot l’escargot, à Boucherville. « On a deux groupes qui nous préoccupent un peu plus que les autres où on retrouve à la fois des moniteurs et des enfants contaminés », explique le DMathieu Lanthier-Veilleux, adjoint médical à la Direction régionale de santé publique de la Montérégie.

La propriétaire et directrice Annie Montour a confirmé à La Presse que la Santé publique avait choisi de fermer son camp de jour jusqu’à vendredi, le temps d’examiner les cas et de tester le personnel et les enfants. « Je suis très perturbée par cette pandémie que personne ne contrôle et toute mon équipe et moi travaillons sans relâche afin de maintenir un milieu amusant, stimulant, respectueux, sain et sécuritaire », a-t-elle répondu par courriel.

« Il n’y a pas de cas sévères pour l’instant, a évoqué le DLanthier-Veilleux. En général, les enfants évoluent très bien avec la COVID-19. »

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Le camp de jour Charlot l’escargot, à Boucherville, inquiète le plus les autorités.

À propos des quatre autres camps qui sont touchés par le virus, la Santé publique affirme que la situation est jugée « stable » et « contrôlée ». Les autorités se font toutefois discrètes sur les détails qui pourraient permettre de connaître le nom des camps touchés, afin de conserver l’anonymat des personnes concernées.

Un des camps se trouve à Sainte-Catherine, un autre à Mont-Saint-Hilaire. Quant aux deux autres, les autorités n’ont pas voulu dire où ils sont situés.

Le camp de jour de Sainte-Catherine a lui-même révélé qu’il faisait partie des lieux touchés. Cinq tests menés dans ce camp ont été positifs, ce qui ne l’empêchera pas de rouvrir ses portes lundi. « Toutes les personnes qui ont été en contact étroit avec un cas de COVID‑19 ont été jointes par le personnel de la municipalité et mises en isolement préventif par la Santé publique », peut-on lire dans un communiqué de la Ville de Sainte-Catherine.

La Santé publique n’a pas jugé nécessaire de fermer le camp de jour de Mont-Saint-Hilaire puisque le risque de contamination était jugé faible. « Deux enfants ont été infectés à l’extérieur du site et ont été mis en isolement », explique la porte-parole de la Ville, Julie Benjamin. Quatre animateurs qui ont été en contact avec les enfants ont dû s’isoler.

Une « minorité » de camps

L’adjoint médical à la Direction régionale de santé publique de la Montérégie se veut rassurant : une « minorité » de camps est touchée et tous ceux qui ont été en contact avec une personne infectée ont été joints par la Santé publique.

Le DMathieu Lanthier-Veilleux invite les jeunes travailleurs à « redoubler de prudence, appliquer les consignes à la lettre et limiter les rassemblements à 10 personnes ».

« On assiste en Montérégie à une diminution de l’âge des personnes qui sont contaminées par le virus. La moyenne d’âge est d’une vingtaine d’années. Ce sont de jeunes travailleurs qui font des rassemblements privés ou qui ont tendance à sortir », a précisé le DLanthier-Veilleux.

Bilan du jour

Ces nouveaux cas surviennent alors que quatre nouveaux décès se sont ajoutés au bilan québécois de la COVID-19 mercredi. De plus, 142 nouveaux cas ont été confirmés dans les 24 heures précédentes, un recul par rapport aux données de la veille, qui représentaient un sommet en plus d’un mois.

Le nombre de personnes hospitalisées a continué à diminuer, reculant de 12 depuis le bilan de la veille, pour atteindre 235. De ce nombre, 16 patients étaient toujours aux soins intensifs, soit un de plus que la veille.

Depuis le 14 juillet, plus de 12 000 prélèvements ont été effectués chaque jour dans l’ensemble de la province, avec une pointe de 15 258 le jeudi 16 juillet, selon les chiffres publiés par Québec. D’après les plus récentes données disponibles, 12 217 prélèvements ont été effectués lundi.

Des piscines fermées à Verdun

L’arrondissement de Verdun a annoncé mercredi la fermeture préventive des piscines Arthur-Therrien et de la Fontaine après qu’un proche d’un sauveteur ait reçu un diagnostic positif de COVID-19. Le sauveteur en question a travaillé du dimanche 19 juillet jusqu’au mardi 21 juillet.

Pour prévenir une contamination, l’arrondissement fera subir un test de dépistage du coronavirus à tous ses collègues sauveteurs qui l’ont côtoyé ces derniers jours, même si ces derniers portent la visière ou le couvre-visage durant leurs heures de travail.

En parallèle, une désinfection complète des deux piscines et de leurs installations aura lieu par mesure préventive. L’arrondissement compte rouvrir les piscines dès que possible.