Les conditions de travail des employés de Dollarama en temps de pandémie sont préoccupantes, dénonce un groupe composé d’une centaine d’artistes montréalais. Des allégations infondées et entièrement fausses, selon l’entreprise canadienne.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

Dans les entrepôts de la multinationale, la majorité des travailleurs sont des réfugiés ou des immigrants. Leurs salaires sont « dérisoires » et ils travaillent sans les mesures de protection nécessaires depuis le début de la pandémie, plaide Stefan Christof, de l’organisation Howl ! Arts. Il était accompagné d’une dizaine de personnes dans le cadre d’une action citoyenne devant le Bain Saint-Denis, sur la rue Saint-Hubert à Montréal.

Certaines mesures sanitaires ont été prises dans les succursales Dollarama, mais les conditions dans les entrepôts qui fournissent le commerce de détail demeurent risquées et la distanciation sociale difficile, dénonce Mostafa Henaway, organisateur communautaire au Centre des travailleurs et travailleuses immigrants.

Dollarama doit offrir des emplois stables et permanents aux travailleurs et cesser d’avoir recours à des agences de placement, payer ses employés au taux horaire minimum de 15 $ et respecter toutes les mesures requises par la Santé publique en contexte de pandémie, demande l’organisme, appuyé par les artistes.

« C’est un modèle similaire à Amazon qui exploite les travailleurs. Ici à Montréal, ce sont surtout des personnes racisées, sans statut, embauchées par des agences de placement », explique Mohammed Barry, ancien travailleur de Dollarama et instigateur de la campagne Statut pour les Guinéens.

Il affirme que les conditions de travail sont précaires et que la sécurité des salariés n’est pas prise au sérieux.

La cause fait l’objet de plusieurs manifestations et actions citoyennes depuis le début du confinement, fin mars.

En juin, une soixantaine d’employés de Dollarama et de manifestants réclamaient de meilleures mesures de santé et de sécurité afin de lutter contre la COVID-19.

Allégations infondées, répond Dollarama

Les allégations avaient été formulées publiquement pour la première fois il y a quelques mois et avaient fait l’objet d’une enquête approfondie par la société, puis jugées entièrement infondées, explique Lyla Radmanovich, responsable des relations avec les médias pour Dollarama. On ne déplore aucun cas de COVID-19 actif à l’échelle de l’entreprise, précise-t-elle.
« Depuis le début de la pandémie, la sécurité de nos travailleurs a été notre plus grande priorité. Dollarama a mis en œuvre toutes les mesures nécessaires dans son centre de distribution et ses entrepôts pour protéger tous les travailleurs, et a travaillé directement avec la CNESST et la Santé publique pour élaborer ces mesures. Leurs représentants ont vu nos pratiques et en sont très satisfaits. »

« Nous remettons en question les motifs de cet organisme et leurs nombreuses attaques qui visent spécifiquement Dollarama depuis le début de la pandémie », ajoute Mme Radmanovich.