Le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, « évalue très, très fortement » la possibilité de recommander de rendre le port du masque obligatoire dans les lieux publics fermés – notamment les commerces – partout au Québec.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

C’est lui qui l’a déclaré mardi après-midi, au cours d’une conférence de presse organisée à Joliette.

« On a des discussions très intenses à ce sujet-là avec le cabinet du premier ministre », a dit le Dr Arruda. « On a toujours voulu avoir une approche par étape, faire confiance à la population parce que sinon ça a des effets pervers. Mais je dois vous avouer qu’avec ce que je vois en termes de comportements généralisés… […] Les gens ont oublié [la maladie]. »

Le Dr Arruda a affirmé que la situation aux États-Unis et celle en Montérégie, où est survenue une éclosion de COVID-19 en raison de rassemblements imprudents, contribuaient à sa réflexion.

« Le gouvernement va avoir à prendre des décisions sous peu », a-t-il dit. « Le temps joue contre nous. »

Montréal a annoncé hier qu’elle rendrait obligatoire le masque à partir du 27 juillet, le temps pour le conseil municipal d’adopter un règlement. La mairesse Valérie Plante promet que cette obligation sera assortie d’amendes pour les récalcitrants, mais n’a pas encore précisé leur teneur.

Horacio Arruda a affirmé que l’équipe de la mairesse Plante avait avisé les autorités provinciales seulement quelques minutes avant d’en faire l’annonce publique.

Fêtes imprudentes déplorées

Par ailleurs, le directeur national de santé publique a déploré les fêtes imprudentes entre jeunes qui ont entraîné des dizaines d’infections en Montérégie dans les derniers jours.

La Presse a mis en lumière, mardi matin, qu’une fête privée d’une soixantaine de personnes, fin juin, était liée à l’éclosion de COVID-19 au Mile Public House du Quartier Dix30, vendredi dernier.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

Le Mile Public House

M. Arruda a affirmé que ce type de rassemblements – où la distanciation sociale n’était pas respectée – est dangereux. « Ce relâchement-là peut être la source d’une flambée dans la communauté », a-t-il dit. « Je sais que je suis rabat-joie. »

M. Arruda reconnaît qu’il est difficile de demeurer à deux mètres de distance les uns des autres après des mois de confinement, mais qu’il faut continuer à faire l’effort. « C’est agréable de revenir à une vie un peu plus normale, mais c’est dans une nouvelle normalité », a-t-il dit.