La police de Saint-Jérôme enquête sur une soirée dansante en cette ère de sorties assises. Des agents se sont présentés incognito samedi au resto-bar Le Mondo, où de nombreux clients profitaient de la soirée sans aucun souci pour les directives de santé publique.

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

Québec a été clair, jeudi dernier, lorsqu’il a annoncé que les bars pouvaient rouvrir leurs portes : cela pouvait se faire à la stricte condition que les clients soient tous assis, comme dans les restaurants.

Or, cette obligation n’a pas été respectée au Mondo de Saint-Jérôme, a constaté le service de police local. Des agents ont fait une incursion dans le populaire établissement dans la nuit de samedi à dimanche, vers minuit et demi. « Il y avait effectivement beaucoup de monde, de la danse, à l’extérieur et à l’intérieur du bar, et aucune distanciation », a expliqué l’agent Robin Pouliot, du Service de police de Saint-Jérôme.

Les agents sur place ont pris des photos et déclenché une enquête. « Il y avait tellement de monde que la décision a été prise de ne pas donner de constats d’infraction », a précisé M. Pouliot. L’enquête sera soumise à la Santé publique ainsi qu’à la Régie des alcools, des courses et des jeux, qui « évalueront le dossier » et décideront si une réprimande est nécessaire.

Une personne employée du bar, qui a demandé l’anonymat pour ne pas perdre son travail, a confirmé que les soirées s’étaient tenues comme si la COVID-19 n’existait pas. Elle a par exemple confié qu’au moins 200 personnes se trouvaient à l’intérieur de l’établissement déjà vendredi soir, et que peu de gens étaient soucieux de l’interdiction de se tenir debout et de danser.

La Presse a appris au propriétaire du Mondo, Antoine Villeneuve, que des policiers avaient visité son établissement samedi soir et qu’il faisait l’objet d’une enquête. « À un moment donné, il y a du zèle !,a-t-il lancé avec exaspération. Il y a un contrôle sanitaire à l’entrée du bar où nous prenons même la température des clients, on a fermé des sections et notre piste de danse est fermée. Au début de la soirée, les gens restent assis. Mais plus la soirée avance, plus ils boivent, plus il est difficile de rester assis. »

Ça fait trois mois que les gens sont enfermés. C’est difficile de les empêcher de vivre !

Antoine Villeneuve, propriétaire du bar Le Mondo

Comme le montre une vidéo publiée vendredi dernier sur la page Facebook de l’établissement, la majorité des employés n’étaient pas protégés — ni masque ni visière.

> Voyez la vidéo publiée sur la page de l’établissement

« Tout le monde a reçu une visière, mais il faut un certain temps d’adaptation. C’est difficile, il fait chaud, on entend mal les clients quand on la porte. Mais quand ils ne l’ont pas, les employés demeurent à deux mètres du client », s’est défendu M. Villeneuve.

« Je suis allé chez mes compétiteurs pour voir comment ça se passait chez eux. Il y avait aussi plein de clients debout quand j’étais là ! », affirme le propriétaire du Mondo. Il conclut qu’il essaie du « mieux qu’il peut » de faire respecter les règles sanitaires, mais que le niveau de difficulté est élevé.