À Montréal comme à Laval, environ la moitié des usagers des transports en commun étaient déjà masqués. À l’image de cette représentation, les avis sur l’obligation de porter un couvre-visage dans l’autobus, le train ou le métro sont partagés.

Audrey Ruel-Manseau Audrey Ruel-Manseau
La Presse

La mairesse de Montréal en a fait son principal argument : « Si on veut que les gens recommencent à utiliser les transports en commun, il faut que la confiance soit là. » Un sentiment partagé par l’usager José Paredes, croisé devant la station de métro Fabre, en fin d’après-midi. Assis sur un banc en attendant l’autobus 45, il porte lui-même un masque de tissu, qu’il n’a pas enlevé entre son trajet en métro et celui en autobus qu’il s’apprête à faire.

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José Paredes

« Personnellement, je ne me sens pas vraiment en sécurité dans les transports en commun, parce que ce n’est pas tout le monde qui se couvre le visage », témoigne-t-il.

De l’autobus dans lequel il monte, une femme descend, le visage découvert. Martina Flavien dit qu’elle est asthmatique et que ses difficultés respiratoires sont amplifiées lorsqu’un tissu gêne sa respiration.

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Martina Flavien

« J’ai beaucoup de misère à porter un masque. Je ne sais pas ce que je vais faire. Si la visière est suffisante, c’est ça que je vais mettre, je pense », réfléchissait la femme, un peu perturbée à l’idée de devoir se résigner à se couvrir le visage pour ses déplacements.

Jean-François Provencher travaille dans une épicerie et doit porter un masque durant toute sa journée de travail. Il est impatient de l’enlever à la fin de son quart, mais cette nouvelle consigne le forcera à le porter près de deux heures de plus dans sa journée.

« Je vais le porter parce que je n’aurai pas le choix, parce qu’ils ne nous demandent pas notre avis. Mais si je me trouve un lift en auto pour éviter le métro, c’est sûr que je vais le prendre. Surtout que le métro est toujours en retard », déplore-t-il.

Ibrahim Soré passe aussi sa journée au travail le visage couvert. Mais il portait tout de même un masque à sa sortie de la station de métro Jean-Talon, lundi soir.

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Ibrahim Soré

« Beaucoup de personnes vont dire que c’est une atteinte à la liberté. Mais je pense qu’au-delà de ça, c’est nécessaire. La COVID-19 est en régression, mais on n’a pas fini », estime M. Soré.

Même son de cloche pour Nathalie Lépine, une travailleuse sociale qui travaille en milieu hospitalier.

« Je suis tellement contente qu’ils l’obligent ! Il faut faire ça, si on ne veut pas entrer en deuxième vague. Oui, le virus est moins fort présentement, mais je ne vois pas comment on ferait autrement dans les transports en commun. Ma crainte, c’était surtout dans les autobus. Je trouve que les gens le portent moins que dans le métro », a remarqué l’utilisatrice, qui prend l’autobus et le métro, matin et soir, pour se rendre au boulot et en revenir.

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Nathalie Lépine

La femme porte un joli couvre-visage marine picoté blanc, acheté au marché Jean-Talon. Tant qu’à porter un masque toute la journée, aussi bien le choisir à son goût, estime-t-elle.

« J’aime ça, je rends ça fashion. Je viens d’en acheter deux autres faits par une maman de mon entourage. Il faut rendre ça agréable. Je crois que j’en ai une dizaine ! J’en ai aussi acheté à mon mari, mon fils, ma mère… »