(Ottawa) Le Canada versera 300 millions à l’effort international de lutte contre la COVID-19, a indiqué samedi le premier ministre Justin Trudeau.

Michael Blanchfield
La Presse canadienne

M. Trudeau en a fait l’annonce dans le cadre du sommet virtuel « Global Goal : Unite for Our Future ». Un concert sera diffusé sur les réseaux sociaux à compter de 14 h et rediffusé en soirée, à 20 h, sur les chaînes de télévision anglophones CBC, CTV, Global et City TV.

L’objectif de Global Citizen, qui organise les deux évènements, vise à amasser 42,8 milliards pour lutter contre la pandémie. L’organisation se décrit comme « une communauté de gens qui veulent faire face aux défis les plus importants de la planète et à l’extrême pauvreté ».

M. Trudeau a ajouté que le Canada remettra 180 millions pour faire face aux impacts immédiats de la pandémie sur les plans humanitaire et du développement.

« Il faut qu’on reconnaisse que cette pandémie frappe plus fort sur des populations déjà vulnérables. Il ne faut pas les laisser tomber, a déclaré le premier ministre. On doit travailler main dans la main pour faire en sorte qu’un vaccin soit abordable et accessible pour tous. »

Et le Canada remettra 120 millions à une nouvelle initiative appelée Accélérateur ACT créée en avril par l’Organisation mondiale de la santé, le gouvernement français, la Commission européenne et la Fondation Bill et Melinda Gates pour garantir accès équitable aux traitements médicaux.

L’Accélérateur ACT soutient les organisations, les professionnels de la santé et les entreprises dans leurs efforts pour mettre au point un vaccin, des traitements médicamenteux et des outils de diagnostic pour lutter contre la pandémie.

Les agences d’aide canadiennes et les groupes de militants affirment que la contribution ne représente qu’une fraction de ce qui sera éventuellement nécessaire pour lutter contre la pandémie et pour garantir l’accès des pays pauvres à un vaccin.

Selon Julia Anderson, chef des opérations du Partenariat canadien pour la santé des femmes et des enfants (CanSFE), estime que le Canada devrait consacrer 1 % de ses dépenses liées à la COVID-19 aux efforts internationaux.

« L’ACT est en train de devenir avec un peu de chance un guichet unique, se félicite Mme Anderson. L’avion est fabriqué alors qu’il est en train de voler. »

Selon elle, l’aide annoncée par M. Trudeau ne devrait être considérée que comme un « dépôt » pour des dépenses futures. Son groupe et deux autres organisations de lutte contre la pauvreté — One Campaign et Resultats Canada — souhaitent que le Canada consacre 1 % de ses programmes de dépenses globales liées à la COVID-19 à l’aide internationale.

Ces groupes jugent que cela nécessiterait une augmentation d’au moins 1,5 milliard du budget de l’aide étrangère du Canada, qui s’élève à environ 5 milliards.

Nicolas Moyer, directeur général du Conseil canadien pour la coopération internationale (CCCI), dit que son organisation soumettra au cours de l’été un mémoire au gouvernement pour l’inciter à augmenter les dépenses d’aide dans le prochain budget fédéral. Le CCCI n’a pas encore formulé le montant de cette augmentation, mais M. Moyer est convaincu que l’objectif de 1 % suggéré par d’autres groupes est approprié.

« La réponse du Canada à la pandémie a été importante au pays et elle doit être mise en adéquation avec une ambition mondiale », soutient M. Moyer.

Plusieurs groupes ont loué les efforts de la ministre du Développement international Karina Gould pour convaincre le gouvernement à s’impliquer plus dans l’aide internationale.

« Nous sommes heureux de voir la ministre Gould demander plus d’investissements car ils sont terriblement nécessaires, souligne le directeur canadien de One Campaign, Stuart Hickox. Il faut des investissements pour faire face à la crise humanitaire et s’assurer que les tests, les traitements et éventuellement un vaccin seront disponibles partout. »