Deux chercheuses du CHU Sainte-Justine se partageront un financement de 6,3 millions pour étudier, d’une part, l’utilité de la vitamine D pour combattre le coronavirus et, de l’autre, le risque de réinfection chez les travailleurs de la santé ayant déjà été infectés par la COVID-19.

Jean-Benoit Legault
La Presse canadienne

Ces octrois majeurs accordés aux docteures Francine M. Ducharme et Caroline Quach-Thanh par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) leur permettront de mener à bien leurs travaux au cours des prochains mois.

« La COVID est une infection virale […], mais les gens qui sont très malades, qui se rendent aux soins intensifs, c’est parce qu’ils ont une réaction inflammatoire démesurée, on appelle ça la tempête de cytokine, a rappelé la docteure Ducharme, qui a reçu un montant de 4,2 millions.

« Alors la propriété de hautes doses de vitamine D à peut-être diminuer ou prévenir cette augmentation démesurée de la réponse inflammatoire pourrait être très intéressante. »

Ses collègues et elle entreprendront, en septembre, de recruter 2400 travailleurs de la santé pour participer à cette étude qui aura pour but de voir s’il est possible, avec des doses élevées de vitamine D, de prévenir carrément une infection, sinon de réduire la sévérité des symptômes.

Des résultats préliminaires pourraient être annoncés dès le mois de janvier.

« Si on veut tester ça [la vitamine D], il faut le tester dans le cadre d’un essai clinique randomisé, de façon rigoureuse, a dit la docteure Ducharme. Mais les résultats et les analyses préliminaires que nous avons eus avec d’autres virus sont prometteurs, donc ça vaut la peine de le tester. Si jamais c’est efficace, c’est un médicament qui ne semble pas dangereux et qui serait facilement disponible. »

Risque de réinfection

Pour sa part, la docteure Quach-Thanh a reçu un montant de 2,1 millions pour étudier, au cours de la prochaine année, le risque de réinfection chez les travailleurs de la santé.

« La grande question qu’on a présentement est, est-ce qu’une infection à la COVID nous protège pour de bon ou pas ?, a résumé la docteure Quach. Le seul moyen de le savoir est de suivre des gens. »

Ce sont 735 travailleurs de la santé qui seront recrutés à Montréal aux fins de cette étude. Ils se soumettront à des prises de sang aux trois mois afin de mesurer leurs niveaux d’anticorps, mais aussi leur immunité cellulaire.

Ils recevront également un questionnaire toutes les deux semaines pour savoir s’ils ont eu des symptômes ou pas. Dans l’affirmative, des prélèvements seront effectués pour voir si le virus est présent et, le cas échéant, s’il est différent du virus initial.

« C’est le seul moment, je vous dirais, où j’espère qu’on va avoir une deuxième vague, pour que ces gens-là soient exposés, a conclu en riant la docteure Quach. Parce qu’évidemment, s’il n’y a pas de deuxième vague et qu’ils ne sont jamais réexposés, je ne serai pas capable de répondre à ma question. »