(Ottawa) Alors que le gouvernement fédéral continue désespérément de faire des provisions pour lutter contre la COVID-19, il lance également un guichet unique pour les Canadiens qui espèrent acquérir de l’équipement de protection individuelle.

Stephanie Levitz
La Presse canadienne

Un nouveau portail internet a été dévoilé mardi qui vise à la fois à aider les acheteurs et les vendeurs d’équipement de protection individuelle à établir des liens et à fournir aux Canadiens des conseils sur ce qu’ils pourraient vouloir acquérir pour eux-mêmes à leur retour au travail.

Ce « carrefour web » est accessible sur le site du ministère fédéral des Services publics et de l’Approvisionnement.

Le gouvernement fédéral dépense actuellement des milliards de dollars pour acheter respirateurs, masques et gel désinfectant, bien qu’une comptabilité complète ne soit pas attendue avant des mois. Ottawa a signé de nombreux contrats en vertu d’exemptions de sécurité nationale mais il ne veut pas divulguer combien il dépense pour acheter cet équipement qui est en forte demande dans le monde.

Près de 60 avions-cargos ont maintenant atterri au Canada, a déclaré mardi la ministre fédérale des Services publics et de l’Approvisionnement, Anita Anand. En plus d’un navire qui a accosté à Vancouver au cours du week-end avec à son bord 160 000 litres de désinfectant pour les mains. Un deuxième navire avec 32 conteneurs de désinfectant pour les mains devait accoster mardi et six autres sont en route, a-t-elle ajouté.

Le désinfectant pour les mains est également l’un des nombreux articles que des entreprises canadiennes fournissent maintenant après avoir réorienté rapidement leur production. Le gouvernement a d’ailleurs annoncé mardi de nouveaux contrats avec des entreprises locales, dont Joseph Ribkoff, un fabricant de vêtements de Dorval, qui fournira 1,2 million de blouses médicales à compter de juillet.

Prêt pour la deuxième vague ?

Alors que le gouvernement fédéral achète des centaines de millions d’articles, il sait très bien que beaucoup de ces équipements n’arriveront pas de sitôt et qu’ils seront placés sur des étagères dans l’attente de futures grandes éclosions de COVID-19 — comme une éventuelle deuxième vague. Par exemple, près de 40 000 respirateurs ont été commandés, mais moins de 500 sont arrivés à ce jour.

Le sommet de la courbe de COVID-19 au Canada est survenu lorsque les réserves étaient relativement minces. Au début de la pandémie au Canada, les hôpitaux rationnaient les fameux masques N-95 ; dans des centres de soins de longue durée, des préposées étaient obligées d’utiliser des sacs à ordures parce qu’il n’y avait plus de blouses.

Les mesures de santé publique pour aplatir la courbe ont permis d’éviter un débordement dans les hôpitaux, ce qui aurait pu être catastrophique pour le stock d’équipement disponible.

Les libéraux ont fait l’objet de nombreuses critiques pour le fait que les réserves nationales au Canada n’étaient pas adéquates au début de la pandémie.

La ministre Anand a depuis créé un conseil consultatif pour aider à orienter les décisions sur la façon d’éviter à l’avenir les difficultés dans la chaîne d’approvisionnement pour les équipements médicaux.

Le gouvernement a également déclaré qu’il tentait de devancer les futures livraisons, y compris celles nécessaires à la production ou à la distribution de tout vaccin qui pourrait être développé. Parmi les achats déjà annoncés, on parle de 37 millions de seringues — presque une pour chaque Canadien.