(Québec) Des responsables de service de garde en milieu familial estiment que le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, est une « girouette » et que sa parole a peu de valeur, alors que ce dernier affirme avoir toujours été clair.

La Presse canadienne

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ) accusent M. Lacombe de renier sa promesse de les compenser pour les parents qui ont choisi de garder leur enfant à la maison durant la pandémie.

Une « instruction » transmise vendredi par le ministère aurait mis le feu aux poudres.

Le document révèle que Québec dédommagera les garderies que pour les places qui ne peuvent être occupées en raison de la baisse du nombre d’enfants par éducatrice autorisé par la Santé publique.

Le syndicat avait cependant compris que le gouvernement paierait également la note pour les parents qui remplissent un formulaire où ils indiquent qu’ils garderont leur enfant à la maison jusqu’au retour à ce qui serait la normale dans le réseau — le 22 juin en zone froide et le 13 juillet en zone chaude —, ce qui leur permettait également de réserver une place.

Au début mai, en s’excusant d’avoir incorrectement dit quelques jours plus tôt que les places seraient maintenues gratuitement jusqu’au 1er septembre, le ministre avait écrit sur Facebook que les parents « n’auront pas à payer avant le retour À LA NORMALE du réseau, ce printemps ou cet été, lorsque nous permettrons un retour de 100 % des enfants ».

Dans un communiqué, la CSQ accuse donc le gouvernement caquiste d’avoir « trahi sa parole deux fois plutôt qu’une » sur le remboursement de la contribution parentale.

La décision « choque profondément », note la centrale syndicale. « Nous avons la désagréable impression d’avoir été trompées par un ministre qui s’était pourtant engagé publiquement à plusieurs reprises à ce sujet », déplore la présidente de la CSQ, Sonia Ethier.

Le syndicat n’en revient pas que le ministre force les garderies et les parents à payer la note, d’autant plus que la décision est rétroactive au 11 mai en zone froide, et du 1er juin, en zone chaude.

Dans le cas des parents qui refuseraient de payer la contribution, les éducatrices craignent d’être d’autant plus pénalisées qu’elles ne recevront pas la subvention que le gouvernement verse normalement pour chaque place occupée.

Incompréhension

Dans une déclaration transmise par son cabinet, le ministre de la Famille soutient qu’il n’est pas revenu sur sa parole et que tous les partenaires autour de la table, sauf ce syndicat, ont compris dès le début mai l’offre du gouvernement.

« Le calcul était clair depuis le début et tous les partenaires l’ont bien compris, sauf la FIPEQ, écrit Mathieu Lacombe. Le syndicat a fait une erreur, a mal informé ses membres et tente maintenant de me faire porter le blâme. C’est désolant. »

Selon lui, la centrale syndicale essaie de lui faire porter le poids d’une « incompréhension ».

« La présidente devrait plutôt assumer qu’elle s’est trompée, être honnête avec les éducatrices et surtout, ne pas menacer de prendre les parents en otage en les faisant payer », soutient M. Lacombe.

Son cabinet souligne également que le gouvernement a versé aux éducatrices en milieu familial près de 27 millions depuis le début de la crise.