(Ottawa) Ottawa et Québec viennent à la rescousse des commerçants de Montréal durement éprouvés par la crise de la COVID-19. Une aide financière de 50 millions leur sera versée, selon les informations colligées par La Presse.

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
La Presse

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

L’aide prendra la forme de prêts à faible taux d’intérêt et de subventions. Une entreprise pourra notamment obtenir un prêt d’un maximum de 40 000 $ pour l’aider à obtenir des liquidités ou un fonds de roulement afin de traverser la crise sanitaire. Les programmes fédéral et provincial n’auront pas nécessairement les mêmes paramètres.

C’est l’organisme PME Montréal qui assumera la gestion du nouveau fonds. Ottawa allonge ainsi 30 millions et Québec, 20 millions. En commission parlementaire, le 15 mai dernier, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, avait affirmé qu’il travaillait à l’élaboration d’une aide spécifique pour Montréal avec la ministre Mélanie Joly.

« Il n’y a pas de doute qu’il y a un pan de l’économie montréalaise qui est en difficulté », avait admis le ministre Fitzgibbon, ajoutant qu’un organisme économique « qui comprend l’écosystème montréalais » pourrait gérer le futur programme d’aide.

La ministre fédérale du Développement économique, Mme Joly, doit être aux côtés de M. Fitzgibbon et de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, pour procéder à l’annonce de cette « bonification de l’aide d’urgence offerte aux petites et aux moyennes entreprises de Montréal », lundi matin, à la Place des Arts. La ministre responsable de la région de Montréal, Chantal Rouleau, doit aussi être présente.

Le soutien financier viendra en aide en particulier aux commerçants du centre-ville. Leurs revenus ont chuté substantiellement, autant en raison des tours de bureaux désertes que de l’absence de visiteurs. Comme on ne s’attend pas à ce que le tourisme connaisse un grand succès cet été dans la métropole, épicentre de la pandémie au Canada, l’aide sera d’autant plus appréciée.

La priorité sera accordée aux entreprises des secteurs du commerce de détail, des services de proximité, de l’économie sociale, des industries culturelles et de développement durable, selon nos informations. Les restaurateurs seront aussi admissibles.

En entrevue vendredi à La Presse, la ministre Joly réaffirmait son souhait d’aider davantage les commerçants des centres-villes du pays. Sa préoccupation, faisait-elle valoir, est « le rez-de-chaussée du centre-ville de Montréal » où les commerces « n’ont jamais nécessairement eu d’aide » du fédéral.

Ottawa a déjà créé, à la mi-mai, le Fonds d’aide et de relance régionale (962 millions), qui s’accompagne d’une enveloppe de 211 millions pour les PME québécoises. Le montant de 30 millions annoncé ce lundi proviendra de ce fonds.

La ministre Joly soutenait d’ailleurs ne pas s’attendre à une nouvelle bonification de cette enveloppe pour venir en aide spécifiquement au centre-ville de Montréal. « La question, c’est comment je vais le dépenser », précisait la députée d’Ahuntsic-Cartierville.

Le 7 mai dernier, la Ville de Montréal avait également annoncé une aide d’urgence de 5 millions pour les entreprises et commerces montréalais dans le contexte de crise sanitaire. Le gouvernement Legault a aussi mis en place depuis le début de la crise une série de programmes d’aide pour soutenir l’économie québécoise.

Il existe notamment le programme Aide d’urgence aux petites et moyennes entreprises pour des entrepreneurs qui ont besoin de liquidités d’un montant inférieur à 50 000 $. Les commerces ont rouvert dans le Grand Montréal le 25 mai.