(Ottawa) L'aide financière pour aînés annoncée à la mi-mai mettra encore un bon mois avant d'arriver dans les comptes bancaires.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

Le versement unique et non imposable pouvant atteindre 500 $ par personne âgée arrivera la semaine du 6 juillet, a précisé jeudi le premier ministre Justin Trudeau en conférence de presse devant sa résidence de Rideau Cottage.

En conférence de presse, peu après, le président du Conseil du Trésor, Jean-Yves Duclos, a précisé qu'il n'était pas nécessaire de faire une demande pour toucher l'argent, ce qui évite la possibilité de fraude, a-t-il argué.

Le gouvernement fédéral a annoncé le 12 mai dernier le versement d’un paiement unique, non imposable, de 300 $ aux aînés admissibles à la sécurité de vieillesse (SV), et de 200 $ additionnels pour les personnes âgées qui sont admissibles au supplément de revenu garanti (SRG).

L’aide rejoindra 6,7 millions d’aînés à travers le pays ; 2,2 millions d’entre eux devraient se qualifier pour le montant maximal de 500 $, selon les informations fournies par Ottawa au moment de cette annonce, qui était fort attendue, le gouvernement ayant été accusé par certains de laisser les aînés en plan.

À cette mesure s’ajoutait l’injection de 20 millions de dollars au programme Nouveaux Horizons pour les aînés. La facture totale du plan d’aide destinée aux personnes âgées est évaluée à environ 2,5 milliards de dollars.

La Fédération de l’âge d’or du Québec (FADOQ), qui avait jugé l'aide annoncée en mai d'insuffisante, a été d'encore plus déçue d'apprendre que les chèques n'arriveront pas de sitôt. « Déjà annoncée trop tardivement, voilà que l'aide financière aux aînés ne leur sera envoyée que dans la semaine du 6 juillet », a écrit la FADOQ sur Twitter.

Le silence, en rappel

Les 21 secondes de silences qu’a observées Justin Trudeau mardi lorsqu’on lui a demandé de commenter la façon dont Donald Trump matait le mouvement de contestation antiraciste sont revenues sur le tapis, encore – cette fois, à la faveur d’une intervention du célèbre pasteur noir américain Al Sharpton.

En route vers une cérémonie pour George Floyd, cet Afro-Américain qu’un policier blanc de Minneapolis est accusé d’avoir tué en l’asphyxiant avec son genou sous le regard de trois collègues, la figure de proue des droits civiques ne s’est pas montrée impressionnée par ce silence.

PHOTO ADAM BETTCHER, REUTERS

Al Sharpton

« Puisque vous êtes du Canada, je n’aurai pas un trou [« gap »] de 21 secondes avant de dire ce que j’ai à dire », a-t-il balancé jeudi matin au micro du journaliste de Radio-Canada qui venait de lui demander ce qu’il comptait faire valoir dans son éloge funèbre.

Talonné par les journalistes, Justin Trudeau n'a pas voulu parler de son silence. Il a insisté sur le fait que sa responsabilité, comme premier ministre, était de défendre les intérêts et le bien-être des Canadiens, et que c'était exactement ce qu'il avait fait.

« Les Canadiens s’attendent à ce que je sois là pour défendre leurs intérêts et leurs valeurs. C’est ce que j’ai toujours fait par rapport aux États-Unis et par rapport à toute sorte d’autres pays dans le monde. Je vais continuer de le faire », a-t-il offert.

Sa réaction a été fustigée par l'opposition bloquiste et néo-démocrate. Le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet y a vu une mise en scène savamment orchestrée, et a reproché au premier ministre un manque de « courage », et le leader du NPD Jagmeet Singh l'a accusé de faire preuve d'« hypocrisie ».

La députée néo-démocrate Niki Ashton est allée plus loin lors de la séance virtuelle en Chambre, jeudi. « Soyons clairs: Donald Trump est un raciste. Il est un fasciste, et comme Martin Luther King l'a dit: Nous nous souviendrons non pas des paroles de nos ennemis, mais du silence de nos amis », a-t-elle déclaré.

L'avenir de l'opération dans les CHSLD

À une semaine jour pour jour de la fin prévue de l'opération Laser des Forces armées dans les CHSLD, le premier ministre n'avait pas de nouvelles à offrir au gouvernement de François Legault, qui tape du pied en attendant la réponse à sa demande de prolongation de quatre mois.

Il s'est contenté de dire que les discussions se poursuivaient entre les deux ordres de gouvernement.

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Plus de 1100 militaires ont été déployés dans les CHSLD québécois.

La semaine dernière, le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, a semé un doute majeur quant au futur de l’opération Laser. « Je peux vous assurer qu’on ne pourra pas tenir comme ça pendant quatre autres mois. […] Nous n’avons pas le personnel suffisant ; nos gens travaillent sept jours par semaine, ce n’est tout simplement pas soutenable », a-t-il candidement lancé dans une entrevue sur les ondes de CBC.

ll a fait valoir que certaines provinces ne « comprennent pas tout à fait comment l’armée fonctionne », et qu’au fil des discussions, il comptait leur « expliquer les limites ». De plus, le ministre Sajjan a rappelé que des membres des Forces armées ont été infectés, et qu’il faudrait « prendre soin d’eux ».

Plus de 1100 militaires ont été déployés dans les CHSLD québécois. Le gouvernement québécois souhaite les voir y rester jusqu'à la mi-septembre. Face à l'hésitation fédérale, le premier ministre François Legault a plaidé que les contribuables québécois payaient pour l'armée.