(Ottawa) Le nombre de cas de la COVID-19 franchira le cap des 100 000 d’ici peu au Canada, selon la récente modélisation des autorités sanitaires, qui comporte tout de même des éléments réjouissants.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

L’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) prévoit qu’entre 97 990 et 107 454 personnes seront infectées et qu’entre 7700 et 9400 en mourront d’ici le 15 juin, selon les nouvelles projections dévoilées jeudi.

Une cible fort optimiste compte tenu du fait qu’il y avait 93 441 cas et 7543 morts, jeudi. Des chiffres qui sont appelés à augmenter d'ici la fin de la journée, notamment en raison des 259 nouveaux cas et 91 décès qui sont venus s'ajouter au bilan.

Dans les deux projections mises de l’avant depuis le début de la crise sanitaire, les scénarios optimistes de l’Agence de la santé publique du Canada quant au nombre de décès n’ont pas été atteints ; leur nombre était toujours supérieur à ce qui était prévu.

L’administratrice en chef, la Dre Theresa Tam, a cependant toujours lourdement insisté sur le fait que ces modélisations n’étaient pas des « boules de cristal ».

PHOTO JUSTIN TANG, LA PRESSE CANADIENNE

L’administratrice en chef de l’Agence de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam.

Au chapitre des nouvelles réjouissantes, le document montre que la croissance de l’épidémie a ralenti pour tous les groupes d’âge (malgré la pression à la hausse venant du Québec et de l’Ontario), et que le taux de reproduction effectif du virus, soit la moyenne de nouvelles personnes contaminées pour chaque personne atteinte est inférieur à 1.

Cela « indique que les mesures de santé publique permettent de contrôler efficacement la pandémie », note-t-on dans cette modélisation. Un seuil qu’il faudra maintenir de façon constante, pendant plus de trois semaines, pour s’assurer que la propagation est sous contrôle indique, ont prévenu les autorités sanitaires.

Le Québec et l’Ontario demeurent les provinces les plus touchées au pays. Elles représentent plus de 90 % des cas recensés au pays depuis les 14 derniers jours. Il n’y a aucune transmission communautaire à l’Île-du-Prince-Édouard, dans les Territoires du Nord-Ouest ou au Yukon, et aucun cas au Nunavut.

Et bien que les jeunes adultes et les adultes d’âge moyen représentent la majorité des cas depuis le début de la crise, c’est chez les aînés qui sont en résidence ou dans des centres de soins qu’elle fait le plus de ravages.

« Les cas parmi les résidents des établissements de soins de longue durée et les résidences pour personnes âgées représentent 18 % des cas et 82 % des décès à l’échelle du pays », est-il souligné dans le document fédéral.

Et le virus s’attaque de façon disproportionnée aux femmes : elles comptent pour 57 % des cas (52 142) contre 43 % des hommes (39 541). Cet écart est peut-être lié au fait qu'un plus grand nombre de femmes travaillent dans les soins de première ligne, dans le réseau de la santé, a argué la Dre Tam.

Le Canada est par ailleurs parvenu à aplatir la courbe plus rapidement que plusieurs autres pays, comme le Royaume-Uni, l’Italie et les États-Unis. Comme on le sait, des pays comme le Japon et la Corée du Sud sont parvenus à l’écraser beaucoup plus rapidement.

En matinée, Justin Trudeau s'est montré rassuré par les plus récentes prévisions, mais il a insisté sur le fait qu'il ne faut pas crier victoire trop vite. Car la situation demeure grave à certains endroits, ainsi que dans les centres de soins de longue durée et les résidences pour personnes âgées.

« Donc même si on commence à reprendre certaines activités, on doit resserrer d’autres mesures comme le dépistage et la recherche des contacts », a prévenu le premier ministre en conférence de presse devant sa résidence de Rideau Cottage, à Ottawa.