(Joliette) Même s’il estime qu’installer la cellule nationale de gestion de crise de la COVID-19 à Montréal plutôt qu’à Québec « n’aurait pas changé quoi que ce soit » au bilan, le premier ministre Legault reconnaît qu’il faudra, à l’avenir, « trouver une manière » de mieux gérer les échanges de personnel entre les hôpitaux et les CHSLD.

Tristan Péloquin Tristan Péloquin
La Presse

De passage à Joliette, le premier ministre réagissait ainsi à un reportage publié vendredi par La Presse, dans lequel la directrice de la santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin, affirmait que le « centre de crise provincial [de gestion de la COVID-19] aurait dû être à Montréal » plutôt qu’à Québec. La Dre Drouin y affirmait aussi que l’arrimage avec les cinq CIUSSS de l’île de Montréal a été « difficile » dans la gestion de la pandémie.

« J’ai de la difficulté à comprendre ses remarques, parce que ça a été bien géré », a réagi le M.  Legault en point de presse. Honnêtement, que notre cellule de crise ait été à Québec plutôt qu’à Montréal – c’était dans une salle, on suivait la situation dans tous les CHSLD où il y avait beaucoup d’infections – je ne pense pas que ça aurait changé quoi que ce soit que la salle soit à Montréal plutôt qu’à Québec. »

La docteure Drouin a accordé une entrevue de 45 minutes à La Presse jeudi. Elle a abordé la gestion de la pandémie à Montréal sous plusieurs angles. Nous avons enregistré l’entrevue. Tous les propos qu’elle a tenus, y compris ceux sur la gestion de Québec, ont été rapportés fidèlement. Elle a cependant publié un communiqué en fin de journée vendredi pour « nuancer certaines interprétations » faites par les médias. « Il est normal que la gestion globale de la crise, qui implique l’ensemble des régions du Québec et les différents ministères, se fasse de Québec où siège notre gouvernement », a-t-elle déclaré.

« J’insiste sur le fait que je réitère ma confiance dans la gestion de la crise de la COVID-19 par le gouvernement du Québec ».

Le reportage, basé sur une soixantaine d’entrevues, soulignait que la direction de la santé publique de Montréal n’a pas autorité sur les PDG des CIUSSS ni sur les employés des établissements hospitaliers. Deux anciens directeurs de la santé publique de Montréal ont affirmé que cette situation rend la gouvernance particulièrement difficile.

Questionné à ce sujet, François Legault a reconnu qu’il n’a « pas toujours été facile de convaincre » les Centres hospitaliers universitaires (CHU) « de transférer du personnel dans les CHSLD » lorsqu’il est devenu clair que l’essentiel de la crise se déroulait dans ces établissements plutôt que dans les urgences des centres hospitaliers.

« À Montréal, il va effectivement falloir trouver une manière – je ne pense pas que ce soit nécessairement d’ajouter des structures – pour que les PDG des CISSS, des CIUSSS et des CHUS travaillent davantage ensemble pour envoyer les employés au bon endroit », a ajouté le premier ministre. Selon lui, le ministère de la Santé et des Services sociaux pourrait jouer un certain rôle de coordination à cet égard, mais il serait contre-productif de créer une nouvelle structure décisionnelle, a-t-il insisté.

En entrevue au 98,5FM, le directeur national de la santé publique, le DHoracio Arruda, a lui aussi affirmé que gérer la crise à partir de Montréal n’aurait rien changé, puisque c’est à Québec que les décisions politiques se prennent. « Le DArruda voulait laisser une certaine marge d’autonomie à la Dre Drouin », a ajouté le premier ministre en point de presse.