(Ottawa) Le premier ministre Justin Trudeau a ouvert jeudi une importante conférence des Nations unies visant à élaborer une réponse mondiale coordonnée pour atténuer les effets sociaux et économiques dévastateurs de la pandémie de COVID-19.

Mike Blanchfield et Joan Bryden
La Presse canadienne

La conférence survient juste au moment où le Canada est en compétition contre la Norvège et l’Irlande pour l’obtention d’un des deux sièges non permanents du Conseil de sécurité de l’ONU.

Le vote à l’ONU est prévu pour le mois prochain, et le Canada propose une plateforme pour essayer d’aider à reconstruire le monde post-pandémique.

À moins que les pays ne s’unissent maintenant pour coordonner un plan de relance, l’ONU estime que la pandémie pourrait faire reculer l’économie mondiale de près de 8500 milliards au cours des deux prochaines années, plaçant 34,3 millions de personnes dans l’extrême pauvreté cette année et potentiellement 130 millions de plus au cours de la prochaine décennie.

« Et pour que l’économie mondiale se rétablisse et que nos économies nationales rebondissent, nous avons besoin d’un plan mondial et coordonné », a déclaré M. Trudeau en anglais dans un texte préparé de son discours d’ouverture.

« Nos citoyens doivent avoir confiance dans les institutions internationales qui ne laissent personne de côté et qui sont capables de surmonter les défis mondiaux. »

M. Trudeau coorganise la conférence virtuelle de quatre heures avec le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et le premier ministre jamaïcain Andrew Holness

Plus de 50 chefs d’État et de gouvernement y participeront, dont la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron, ainsi que des représentants de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international et du secteur privé.

Mercredi, cependant, il n’était pas certain que le président américain Donald Trump, qui a soutenu que des dirigeants ont accordé la priorité aux intérêts de leur propre pays, y participerait.

« C’est notre chance d’entamer une conversation sur la façon dont nous pouvons sortir de cette crise véritablement mondiale dans un monde plus fort et plus cohérent — un monde qui crée de la croissance pour tous, s’attaque aux inégalités et prend soin des plus vulnérables », a dit M. Trudeau.

« Le Canada est prêt à faire sa part, alors que nous aidons à unir le monde dans la lutte contre la COVID-19. »

Dans un communiqué sur l’évènement, l’ONU affirme que tous les pays sont confrontés à des tensions économiques en raison de la pandémie, en particulier les pays en développement qui étaient déjà en « état de surendettement » avant la crise et qui ne peuvent pas se permettre d’amortir le coup pour leurs citoyens ou d’offrir des mesures de relance.

Plus tôt cette semaine, lorsque M. Trudeau a annoncé son rôle à la conférence, il a soutenu qu’assurer que les pays pauvres survivent à la crise n’est pas seulement la bonne chose à faire, c’est dans l’intérêt même du Canada.

« Les emplois et les entreprises au Canada dépendent d’économies stables et productives dans d’autres pays, donc il nous importe de savoir comment tout le monde traverse cette tempête », a-t-il déclaré mardi.

La conférence doit aborder « six champs d’action urgents » pour mobiliser le financement nécessaire à une reprise mondiale.

Ces six champs d’action sont :

•Augmenter les liquidités dans l’économie mondiale ;

•Contrer les vulnérabilités liées à l’endettement ;

•Impliquer les créanciers du secteur privé dans les plans de redressement.

•Faire cesser les mouvements illicites de capitaux ;

•Augmenter les sources de financement externes pour favoriser une croissance inclusive et la création d’emplois ;

•Élaborer des stratégies pour que les pays sortent plus fort de la crise, atteignent les objectifs de développement durable, luttent contre les changements climatiques et rétablissent l’équilibre entre l’économie et la nature.

La conférence vise à créer un groupe de discussion dans chacun des six champs d’action, dans le but de fournir des propositions concrètes d’ici la mi-juillet.

« Il n’y a pas de temps à perdre, indique le communiqué de l’ONU. Il faut trouver des solutions sans tarder et prendre des mesures qui vont amener de vrais résultats. »