(Québec) Le député libéral Monsef Derraji a lancé un vibrant cri du cœur jeudi pour de meilleures politiques publiques qui répondent en premier lieu aux besoins des populations vulnérables, en particulier les aînés.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

M. Derraji, qui est allé prêter main-forte pendant plus de deux semaines dans un CHSLD au plus fort de la pandémie de COVID-19, accueille favorablement la volonté du gouvernement Legault d’augmenter la rémunération des préposés aux bénéficiaires. Il s’est toutefois dit inquiet jeudi que Québec déséquilibre d’autres secteurs économiques en l’absence d’un plan global.

« Est-ce que le gouvernement, dans sa planification, a pris en considération qu’il y aura d’autres effets sur d’autres secteurs d’activités ? La pénurie de main-d’œuvre frappe plusieurs secteurs », a-t-il affirmé alors que le gouvernement souhaite former 10 000 nouveaux préposés aux bénéficiaires d’ici septembre.

Mais cette question ne remet pas en cause la nécessité d’améliorer leurs conditions de travail, a-t-il ajouté. Il faut être « un passionné » pour aller travailler après des aînés, a témoigné le député, ajoutant qu’il avait personnellement eu l’impression « de nourrir des membres de sa famille » quand il aidait en CHSLD.

« Ces [travailleurs] méritent cette [bonification] de salaire. […] Ils travaillent de longues heures, debout, pas sur une chaise, pas dans un bureau. C’est debout, 8 h debout », a-t-il dit.

« J’ai fait des quarts de travail de 3 h à 23 h, croyez-moi, en rentrant chez moi, j’ai juste eu le goût de prendre ma douche, de ne pas serrer mes enfants dans mes bras, ni de parler à ma femme, et de dormir sur-le-champ. Et je l’ai fait pendant 14 jours. Pensez à ces gens qui doivent continuer à le faire sans vacances, parce que c’est l’état que nous avons aujourd’hui », a-t-il ajouté.

Dans cette crise de la COVID-19, a dit M. Derraji, « on n’a pas le droit de ne pas voir le côté humain derrière toutes politiques publiques. Les politiques publiques doivent être là pour venir en aide aux plus vulnérables. »

« Les aînés que l’on traite aujourd’hui, c’est moi dans 20, 30, 40, 50 ans. C’est vous aussi. Est-ce qu’on veut avoir le même traitement qu’on leur réserve en 2020 ? Le Québec est une société vieillissante. Les besoins sont énormes pour nos aînés. C’est le moment de faire des politiques publiques qui répondent aux besoins des populations vulnérables, en premier lieu les aînés », a-t-il dit.

Monsef Derraji, qui est aussi critique de l’opposition officielle en matière d’immigration, s’est toutefois montré sceptique quant à une annonce que doit faire Simon Jolin-Barrette en fin d’avant-midi, jeudi. Selon ce qui a été rapporté, le ministre de l’Immigration annoncera un projet pilote pour attirer un certain nombre d’immigrants pour travailler dans les milieux de soins.

M. Derraji a déploré jeudi que Québec souhaite désormais attirer des immigrants dans le système de la santé, alors qu’il a baissé les seuils d’immigration depuis son arrivée au pouvoir.