Devant le CHSLD Notre-Dame-de-la-Merci, établissement durement touché par la COVID-19, des employés du milieu de la santé ont manifesté mercredi pour avoir droit à leurs vacances. Pour faire face à la pandémie, le gouvernement Legault avait annoncé en mars la suspension de plusieurs dispositions de leur convention collective, dont leurs vacances. Après deux mois et demi au front, les infirmières disent avoir besoin de repos.

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

Un « bed-in » a eu lieu devant le CHSLD Notre-Dame-de-la-Merci du CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal en guise de manifestation, mercredi à l’heure du midi. Des travailleurs de la santé et des services sociaux souhaitent que l’arrêt ministériel qui permet aux employeurs d’annuler ou de refuser des vacances soit revu. L’idée du « bed-in » vise à démontrer à quel point les travailleurs du milieu de la santé sont épuisés et qu’ils méritent leurs vacances.

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« Nous avons encore le sentiment que nous n’avons aucune reconnaissance, affirme Kathleen Bertrand, présidente de la FIQ-syndicat des professionnels en soins du Nord-de-l’île-de-Montréal. Ils nous poussent à l’épuisement. »

Isabelle Roy participait à la manifestation, alors que ses filles de 9 et 11 ans se gardaient seules à la maison. « Je suis épuisée, confie cette infirmière monoparentale. Et je ne sais même pas si je vais avoir deux semaines de vacances cet été. » Après plus de deux mois et demi à avoir travaillé au front, cette infirmière croit qu’il est grand temps, tous comme ses collègues, qu’elle puisse obtenir quelques semaines de vacances.

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« On comprenait au début de la crise. Mais là, on ne voit pas pourquoi nous n’aurions pas le droit à ce qu’il est convenu dans nos conventions collectives, confie Mme Bertrand. 90 % de nos membres sont des femmes, qui doivent aussi concilier travail/famille. On a choisi une profession. Ce n’est pas une vocation », exprime la présidente de la FIQ-syndicat des professionnels en soins du Nord-de-l’île-de-Montréal.

Un peu partout dans la province, des manifestations intersyndicales comme celle-ci vont avoir lieu mercredi et jeudi.