(Québec) Alors que le Québec compose avec sa première canicule de la saison, le directeur national de santé publique, le DHoracio Arruda, donne le feu vert à l’ajout d’équipements de climatisation dans les CHSLD. La directive a été acheminée mardi aux dirigeants des établissements de santé du Québec.

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
La Presse

Kathleen Lévesque Kathleen Lévesque
La Presse

« Pour le directeur national de santé publique, le DHoracio Arruda, il est approprié, même en contexte de pandémie de COVID-19, d’ajouter la climatisation dans les milieux de soins, incluant notamment les climatiseurs mobiles et des ventilateurs sur pied », est-il écrit dans une lettre envoyée par le Ministère aux CISSS et CIUSSS.

Selon le DArruda, « les bénéfices de l’utilisation de ces appareils sont plus grands que les inconvénients possibles ».

La position de directeur national vient ainsi éclaircir l’avis de l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) qui indiquait lundi que « la décision d’utiliser ces appareils […] doit être soumise localement à une évaluation du risque pour déterminer si les avantages dépassent les désavantages de [leur] utilisation ».

Dans la lettre signée du sous-ministre du ministère de la Santé, Yvan Gendron, on autorise les établissements « à procéder dès maintenant à la mise en place des mesures appropriées (achat et localisation d’équipements) pour améliorer, lorsque nécessaire et si possible, le confort des résidents et du personnel ». Il est question d’équipements temporaires, semi-permanents et permanents.

Les établissements doivent prioriser les « installations les plus problématiques » et fournir un « état de situation » pour chaque installation d’ici le 1er juin, mentionnant « l’état actuel et la bonification qui sera réalisée ». L’orientation s’applique aussi aux établissements privés conventionnés.

Malgré le feu vert de la santé publique, le Ministère rappelle qu’il est « important » que les établissements prennent en considération des recommandations de l’INSPQ lors de l’installation, le retrait et l’entretien des climatiseurs mobiles et ventilateurs sur pied.

« Tout sera mis en place », assure Blais

La ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, a assuré mardi que « tout sera mis en place » pour amoindrir les effets de la canicule en CHSLD, invitant au passage les directeurs des établissements à mettre en branle tout ce qui est possible.

« [Mardi matin], les PDG ont reçu une consigne pour leur dire : Faites tout ce que vous pouvez faire pour proposer des zones de fraîcheur, de la climatisation, mettez à l’extérieur des génératrices, faites appel à des entrepreneurs pour qu’on puisse insuffler de l’air à l’intérieur », a-t-elle énuméré lors de la période de questions au Salon bleu.

« Ce n’est même pas une question d’argent », a-t-elle poursuivi. « Souvent, dans les CHSLD qui sont vétustes, l’électricité ne peut pas prendre une quantité phénoménale de climatiseurs. Donc, on va avoir des moyens qui sont beaucoup plus agiles. On va être créatifs. » Elle assure également que « tous les résidents qui veulent se procurer un climatiseur mobile ou un ventilateur pourront le faire ».

Une bonne nouvelle pour Montréal

« C’est une excellente nouvelle », a affirmé Caroline Dusablon, coordonnatrice régionale des mesures d’urgence au CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, lors de la conférence de presse virtuelle et conjointe avec la Direction régionale de santé publique (DRSP) de Montréal.

Pour ce qui est de l’avis de l’INSPQ qui soulevait un risque, en début de semaine, que des gouttelettes pouvaient être transportées par les ventilateurs et les appareils mobiles de climatisation, la Dre Mylène Drouin de la DRSP de Montréal a affirmé que la « situation exceptionnelle » représente « un risque immédiat » dans les CHSLD. Dre Drouin dit avoir fait une recommandation complémentaire et avoir choisi le confort des patients par rapport au risque de transmission de la COVID-19.

D’ici à ce que les appareils soient installés, la Dre Drouin a rappelé les recommandations à la population afin de supporter la chaleur qui s’abat sur la région métropolitaine : bien s’hydrater, se rendre dans des endroits climatisés et réduire les efforts physiques, par exemple. La Dre Drouin a d’ailleurs demandé à la Ville de Montréal d’ouvrir les jeux d’eau sur son territoire pour permettre un rafraîchissement de la population.

Par ailleurs, la Dre Drouin estime que « nous ne sommes pas en chaleur extrême ». Le seuil d’intervention consiste à trois jours consécutifs à 33 degrés Celsius et les nuits à 20 degrés Celsius.

Quant à l’état de la pandémie à Montréal, la Dre Drouin affirme que la situation « semble progresser dans la bonne direction ». Elle dit constater « une baisse lente mais constante » du nombre de cas d’infection. Lundi, 272 nouveaux cas se sont ajoutés alors que mardi, on en dénombrait 198, pour un total de 24 388 sur toute l’île de Montréal.