Le Québec franchit le cap des 4000 victimes de la COVID-19 au moment où le déconfinement s’accélère à travers la province. La situation demeure fragile, a rappelé lundi le premier ministre François Legault lors du point de presse quotidien. À ses côtés, le directeur national de la santé publique, DHoracio Arruda, a fait un appel à la prudence, soulignant que le déconfinement, « c’est comme une liberté conditionnelle ».

Kathleen Lévesque Kathleen Lévesque
La Presse

La discipline comme condition

Le gouvernement du Québec a rendu publique lundi sa planification du déconfinement graduel dans les secteurs publics et privés. Sur Twitter, le premier ministre Legault a rappelé que ce plan « est conditionnel à ce qu’on reste tous disciplinés ». Les différentes phases sont présentées : la phase préliminaire qui a démarré le 15 avril dernier (les garages, les commerces d’aménagement paysager et l’industrie minière), et au moins sept autres phases de déconfinement, toutes conditionnelles à l’évolution de la pandémie de COVID-19. La réouverture le 1er juin des centres commerciaux hors de la région métropolitaine, annoncée lundi, fait partie de la phase 5. Le plan présente également le guide des normes sanitaires pour chacun des secteurs d’activités.

Le dépistage

Trois semaines auront été nécessaires pour que les autorités sanitaires réussissent à atteindre l’objectif d’effectuer au moins 14 000 tests par jour. Le premier ministre Legault a souligné que 15 000 tests ont été réalisés jeudi dernier et tout autant, le lendemain. Le dépistage à grande échelle est l’une des conditions du déconfinement car il permet de cerner l’ampleur du problème et à quel endroit. À Montréal, la moitié de tous les cas de contamination communautaire (au-delà des infections provenant des voyageurs et ceux confirmés dans les CHSLD), est associée aux travailleurs de la santé.

Le bilan fait état d’une augmentation de 573 nouveaux cas de la maladie, pour un total de 47 984 cas à travers le Québec. On dénombre 4069 morts, soit 85 nouveaux décès (42 d’entre eux sont survenus il y a plus d’une semaine).

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Formation accélérée

Devant le manque de travailleurs dans le réseau de la santé en général, et dans les CHSLD, en particulier, le gouvernement offrira une formation courte afin de permettre de renouveler le personnel. Les ministères de l’Éducation et de la Santé planifient présentement la formation qui doit être annoncée au cours des prochaines semaines, a indiqué François Legault. « On va offrir des formations courtes de trois mois qui devraient commencer vers la mi-juin, pour tous ceux et toutes celles qui ont le goût d’aller travailler auprès des personnes vulnérables. On cherche entre autres des jeunes », a dit M.  Legault.

De réfugiés à immigrants

Le défi du recrutement dans les CHSLD pourrait passer par la régularisation du statut de beaucoup de demandeurs d’asile qui travaillent déjà en CHSLD comme préposés aux bénéficiaires. « J’ai demandé de façon spécifique au ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, de regarder les cas un par un, pour voir si on est capable de les qualifier comme immigrant, puis de les accueillir chez nous non pas comme réfugiés », a dit le premier ministre. « C’est une façon de leur dire merci », a-t-il ajouté. Il s’agit d’un changement de ton face à ces réfugiés qui sont arrivés au Québec, pour plusieurs d’entre eux, par le chemin Roxham. La députée Catherine Fournier a immédiatement salué ce geste « digne du sens de l’accueil des Québécois ».

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