Des barbecues en famille et d’heureuses retrouvailles sont prévus ce week-end, maintenant que les rassemblements extérieurs de 10 personnes et moins sont permis, sous certaines conditions. Si la nouvelle en a réjoui plus d’un, d’autres se montraient plus réticents à se réunir pour l’apéro vendredi.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

Les Québécois peuvent depuis vendredi profiter du beau temps avec famille et proches en toute légalité. Les rassemblements extérieurs de 10 personnes et moins sont désormais permis, à condition de demeurer à deux mètres de distance et de respecter les mesures d’hygiène prescrites. On conseille fortement le port du masque.

Vendredi soir à Montréal, les ruelles des secteurs de Rosemont et de Villeray étaient plutôt tranquilles. Quelques voisins discutent, verre à la main, alors que leurs enfants s’amusent un peu plus loin.

Pour Jérémie et Josiane, qui profitaient du temps splendide avec leur fils dans la ruelle, la récente permission ne change pas grand-chose. Il faut respecter les deux mètres de distance, et les gens se réunissaient dans des parcs bien avant cette annonce, dit le couple d’une même voix.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Renée Mouchawar et Pierre-Alexandre Chartier dans leur ruelle

« En fin de semaine, je vais voir de la famille, mais on va éviter de partager de la nourriture. On va amener chacun nos plats. Ça demande de la planification », énonce Renée Mouchawar. 

Quand ça devient compliqué, avec la distanciation physique en plus, ça enlève le fun de se regrouper. Tu ne te réunis pas avec les autres pour te stresser, donc des fois mieux vaut attendre.

Pierre-Alexandre Chartier, conjoint de Renée Mouchawar

Malgré la difficulté de socialiser à l’ère de la COVID-19, la température clémente et le déconfinement graduel se prêtent aux retrouvailles.

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Reinaldo Calcani, Marc Halle, Valérie Gassien et Karine Dieujuste

Reinaldo Calcani et Marc Halle étaient bien heureux de retrouver leurs amies de longue date, après plus de deux mois. Karine Dieujuste et Valérie Gassien sont venues siroter des Aperol spritz dans la cour extérieure de leur maison en fin d’après-midi. « On est vraiment contentes. Ça aurait été difficile avec le beau temps de ne pas se voir », explique Mme Dieujuste.

Excitation

De nombreux lecteurs ont écrit à La Presse dans les derniers jours, faisant part de leur excitation d’inaugurer en grand la saison du barbecue – à bonne distance – samedi et dimanche.

« On attend depuis longtemps de pouvoir célébrer la fête de ma nièce qui fêtait ses 4 ans le 17 mars. Nous avons acheté un nouveau barbecue et nous avons très hâte de célébrer samedi en famille dans notre cour », s’enthousiasme Mohamed Sleiman, un résidant de L’Île-Bizard.

Pour célébrer la fête de son mari en tout respect des mesures sanitaires dimanche, Marta Poch a tout planifié : liquide désinfectant, une table pour chaque famille, ustensiles et vaisselle jetables.

Pour cuisiner, on a acheté nos produits d’avance pour leur permettre une quarantaine de trois jours et un bon nettoyage avant utilisation.

Marta Poch

« Il y aura un plat de service à chaque table. S’il y a des restants, chaque famille pourra les déposer dans une glacière et les conserver en toute sécurité afin de pouvoir les rapporter chez eux sans utiliser notre réfrigérateur », continue-t-elle, impatiente de se servir de son barbecue.

Réunir une dizaine de personnes sous un soleil radieux, c’est bien. Encore faut-il avoir l’espace extérieur pour les accueillir. « À Montréal, il n’y a pas des tonnes de gens qui ont une cour extérieure assez grande pour que tout ce monde-là puisse se tenir à bonne distance », remarque une résidante de Villeray questionnée par La Presse vendredi après-midi.