Une jeune patiente âgée d’une vingtaine d’années est décédée de la COVID-19 mercredi au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM). La jeune femme, qui présentait des facteurs de risque, devient la plus jeune victime de la pandémie au Québec.

Ariane Lacoursière Ariane Lacoursière
La Presse

La mère de cette patiente, infirmière auxiliaire aux urgences de l’hôpital Notre-Dame, est aussi contaminée et est actuellement hospitalisée aux soins intensifs de l’établissement.

« Cette histoire est très triste. C’est abominable qu’on en arrive à des situations comme ça », affirme Françoise Ramel, présidente par intérim du Syndicat des professionnelles en soins de santé du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal.

Une employée aimée de tous

Porte-parole du CIUSSS Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, Jean-Nicolas Aubé confirme qu’une infirmière auxiliaire se trouve aux soins intensifs « dans un état critique en raison de la COVID ». « C’est une situation qui nous touche et nous attriste », dit-il. Selon M. Aubé, l’infirmière auxiliaire qui travaillait depuis plusieurs années aux urgences de l’hôpital Notre-Dame était « appréciée de tous ses collègues ».

Impossible pour l’instant de savoir si l’employée a contracté la maladie à l’hôpital ou dans la communauté. Une enquête épidémiologique est en cours, mentionne M. Aubé. Des équipes de soutien ont été envoyées pour épauler les collègues de l’infirmière auxiliaire, qui sont ébranlés par la nouvelle.

Actuellement sur le territoire du CIUSSS Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, 609 employés sont absents en raison de la COVID-19 et 782 sont considérés comme rétablis. On ne dénombre aucun décès parmi les travailleurs, mais quatre sont hospitalisés.

Écouter le terrain

Mme Ramel mentionne que les travailleurs de la santé sont très à risque de contracter la COVID-19. À Montréal, une personne sur cinq qui a contracté la maladie est un travailleur de la santé.

Pour Mme Ramel, il est clair que la majorité des travailleurs de la santé infectés jusqu’à maintenant l’ont été sur leur lieu de travail. «Une infirmière me disait ce matin : "comment peut-on l’attraper dans la communauté ? On n’a plus de vie !" », dit-elle.