La Fondation Bill & Melinda Gates a accordé une subvention de 3 millions à l’Institut de cardiologie de Montréal qui est en train d’évaluer le potentiel d’un médicament — peu coûteux et facile à fabriquer — pour traiter les effets de la COVID-19.

Stéphanie Marin
La Presse canadienne

L’étude clinique ColCorona a démarré à Montréal à la fin mars.

Elle a pour objectif de tester l’efficacité d’un médicament — la colchicine, un comprimé oral déjà connu et utilisé pour d’autres maladies comme la goutte et la péricardite — pour la COVID-19.

Ce puissant anti-inflammatoire est peu coûteux et facile à fabriquer.

Les chercheurs de l’Institut de cardiologie de Montréal (ICM) souhaitent ainsi voir s’il peut réduire le risque de graves complications pulmonaires et de décès, en étudiant le phénomène de « tempête inflammatoire majeure » des poumons, présente chez les adultes souffrant de complications sévères liées à la COVID-19.

L’Institut souligne que cette reconnaissance de la Fondation Gates lui permettra de déployer cette recherche auprès d’un plus grand nombre de patients atteints de la COVID-19, particulièrement dans des zones où la population est plus vulnérable à la maladie en raison d’inégalités sociales.

Le « COVID-19 Therapeutics Accelerator », né de l’union des forces de la Fondation Gates, de Wellcome et de Mastercard, a pour but d’accélérer la réponse face à la pandémie en appuyant notamment l’identification, l’évaluation, le développement et le déploiement des traitements.

Le Centre de recherche de l’Institut de cardiologie croit pouvoir terminer le recrutement d’ici quatre semaines.

L’étude clinique est maintenant déployée sur plusieurs sites au Canada, aux États-Unis et en Espagne, a précisé l’Institut.

Les premiers résultats devraient être disponibles cet été, a confirmé mardi l’Institut de cardiologie.

« ColCorona illustre que nous pouvons faire des percées scientifiques dans un temps record et de manière économiquement viable pour les patients en réutilisant des médicaments déjà existants », a déclaré dans un communiqué le Dr Jean-Claude Tardif, directeur du Centre de recherche de l’ICM, professeur de médecine à l’Université de Montréal et chercheur principal de ColCorona.

Il faudra des mois avant d’avoir un vaccin qui pourra prévenir la maladie, avait dit le Dr Tardif en mars, peu avant le lancement de l’étude ColCorona. « Là, ce dont on a besoin, c’est d’une thérapie qui peut prévenir les complications. »

Les gens ayant reçu un diagnostic positif à la COVID-19 et qui sont intéressés à participer à l’étude clinique sont invités à parler à leur professionnel de la santé ou à composer le 1-877-536-6837.