(St. John’s) Des images de grands-parents faisant l’étreinte à leurs petits-enfants pour la première fois en plusieurs semaines ont inondé les médias sociaux cette semaine après que les autorités de la province de Terre-Neuve-et-Labrador eurent donné la permission aux citoyens d’accueillir une maisonnée additionnelle à l’intérieur de leur cercle social.

Holly McKenzie-Sutter
La Presse canadienne

Cette politique de la « bulle sociale », qui imite une approche semblable mise de l’avant au Nouveau-Brunswick la semaine dernière, a pour objectif de réduire l’isolement au moment où perdurent la pandémie de la COVID-19 et les mesures de la Santé publique.

Mais au-delà de ces rassemblements joyeux, cette nouvelle liberté de se rencontrer pourrait aussi causer de l’amertume et générer des tensions, au moment où des familles et des colocataires sont forcés de choisir un seul groupe de copains dans un avenir prévisible.

« Je crois qu’il existe une véritable possibilité de dommages émotionnels durables si des gens se retrouvent à l’extérieur d’une bulle alors qu’ils considèrent qu’ils devraient en faire partie », affirme Matthew R. Letson, un avocat spécialisé en droit civil établi au Nouveau-Brunswick.

Me Letson, qui ne pratique pas le droit familial, dit avoir entendu parler de situations où une forme de compétition s’est installée au sein de familles, où on allait jusqu’à se précipiter pour amener les enfants à la porte de la résidence des grands-parents.

En fin de compte, ajoute Me Letson, les gens devraient garder un esprit ouvert et pardonner ce qui se veut une décision difficile, celle de choisir avec qui passer le temps pendant la pandémie.

Me Letson note qu’il s’agit d’un sujet délicat et qu’il est plus facile de l’analyser dans une perspective communautaire, plutôt que de se préoccuper du droit d’une personne de voir des êtres qui lui sont chers.

La docteure Jennifer Russell, médecin hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, a averti les gens à la recherche de failles dans la politique qu’ils le faisaient à leurs risques et périls, tout en leur rappelant que le « cercle » doit se limiter à une seule autre maisonnée.

« Je comprends que ça implique des choix difficiles — particulièrement pour les grands-parents qui veulent être avec leurs petits-enfants — mais je vous demande de demeurer patients et de continuer de respecter les conseils de la santé publique », a déclaré la docteure Russell.

Au lendemain de l’annonce de la mise en place de la politique, le ministre de la Santé de Terre-Neuve-et-Labrador, John Haggie, a reconnu que le sujet de la « bulle sociale » avait engendré des discussions.

« En fin de compte, ce n’est pas possible pour mon ministère de… réglementer ou d’arbitrer chaque scénario potentiel. »