Jean-François Roberge confirme que les parents qui choisiront de ne pas retourner leur enfant à l’école pourront changer d’idée en cours de route, moyennant un préavis d’une semaine. Mais avec des ratios de seulement 15 élèves par classe, les enfants ne sont pas assurés de retrouver la même enseignante pour terminer l’année.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

Aucun enfant ne sera refusé

En commission parlementaire virtuelle, jeudi, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a confirmé que le réseau scolaire était prêt à accueillir « 100 % des enfants » du préscolaire et du primaire, même s’il ne croit pas atteindre ce niveau. Avec des ratios maximums de 15 élèves par classe, les enfants qui retourneront sur les bancs d’école pour terminer leur année scolaire pourraient se retrouver dans une nouvelle classe ou avec une nouvelle enseignante. M. Roberge a affirmé que tous les locaux des écoles pourraient devenir des salles de classe, de la cafétéria au gymnase, en passant par la bibliothèque. Le ministre a également indiqué que des installations municipales pourraient être sollicitées au besoin.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE

Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation

Le vélo et la marche sont les bienvenus

Pour se rendre à l’école, Québec promet d’assurer le transport scolaire qui existait avant la pandémie pour tous les élèves. Avec les élèves du secondaire qui terminent leur année de la maison, les autobus auront plus d’espace pour les enfants du primaire et pour assurer une certaine distance entre eux dans les autobus, a assuré Jean-François Roberge, jeudi. Ceux qui peuvent marcher ou se rendre à l’école à vélo devraient toutefois considérer cette option, a-t-il dit. Une fois à l’école, « le lavage des mains [sera] obligatoire pour tous les élèves minimalement à l’arrivée à l’école, avant et après le dîner, et avant le départ pour la maison », a écrit le ministère de l’Éducation dans un document qui a été transmis jeudi aux centres de services scolaires. Tous les services seront ensuite assurés dans un même local, des classes au dîner, mais aussi le service de garde. Ainsi, un ratio de 15 élèves, qui gardent une distance de deux mètres entre eux, sera toujours maintenu.

Les masques ne seront pas fournis

Jean-François Roberge n’entend toutefois pas fournir de masques aux enseignants, comme le réclament certains syndicats. Le ministre de l’Éducation a affirmé jeudi que les experts en santé publique ne recommandaient tout simplement pas cette pratique. Les enseignants, a-t-il toutefois précisé, peuvent s’en procurer ou s’en fabriquer eux-mêmes, s’ils le souhaitent. Le ministre de l’Éducation a également rappelé que des enseignants du secondaire pourraient être appelés en renfort si jamais une majorité d’enfants retournaient sur les bancs d’école au primaire. Québec entend cependant faire appel en premier lieu aux banques de suppléants dans chaque école, mais aussi aux finissants et aux étudiants en éducation. Si des enseignants du secondaire devaient enseigner au primaire, ceux qui n’enseignent pas le français, les mathématiques, les sciences et l’histoire seraient d’abord appelés en renfort.

Pas de demi-journées

En commission parlementaire, jeudi, Jean-François Roberge a évacué la possibilité de faire des demi-journées de classe au primaire afin d’assurer que le plus grand nombre d’enfants termine l’année scolaire avec l’enseignante d’avant la pandémie. Questionné à ce sujet par les partis de l’opposition, le ministre de l’Éducation a affirmé qu’une telle mesure réduirait encore plus le temps scolaire mis à la disposition des élèves pour consolider leurs apprentissages. Chose certaine, Québec n’entend pas repousser la fin de l’année scolaire au-delà du calendrier actuel. Questionné en mêlée de presse pour savoir si la présente situation l’obligeait à improviser, ne sachant pas combien d’élèves fréquenteront réellement l’école au mois de mai, le ministre s’est montré optimiste. « Quand on a décidé d’aller sur la lune, la fusée n’était pas construite. Mais on a décidé d’y aller. On avait les ingénieurs, on a réussi à y aller. Ça s’est fait. Là, on a décidé qu’on devait rouvrir les écoles pour prendre soin des élèves et pour consolider les apprentissages. On s’est donné deux semaines pour le faire et on a toute l’expertise au ministère pour réussir. Je pense que c’est la bonne façon de faire », a-t-il dit.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE

Marwah Rizqy, députée du Parti libéral du Québec

L’opposition dénonce la réouverture des écoles à Montréal

L’opposition officielle dénonce le plan de réouverture des écoles primaires à Montréal, où les classes doivent reprendre le 19 mai prochain. La députée libérale Marwah Rizqy estime que cette date devrait être repoussée, alors que la pandémie fait rage dans la métropole. « On doit se concentrer à sauver des vies » d’abord, a-t-elle dit jeudi. Pour Christine Labrie, de Québec solidaire, le ministre Jean-François Roberge « est déconnecté du réel ». Elle demande à Québec de faire le point deux semaines avant la réouverture des classes à Montréal, soit mardi prochain, pour affirmer s’il est toujours possible de le faire. La députée péquiste Véronique Hivon a pour sa part déploré qu’on n’ait pas demandé aux écoles de préparer un plan de retour en classe plus tôt dans la pandémie. Elle affirme que le retour en classe à Montréal doit être dicté par la Santé publique, qui doit avoir le dernier mot.

— Avec Marie-Eve Morasse, La Presse